« Tiako hitoetra » : « Dolce Vita » tananarivienne
4 mai 2022 // Cinéma // 7465 vues // Nc : 148

Sorti en DVD le 7 avril dernier, « Tiako hitoetra » est une histoire d’amour qui reflète à merveille les trépidations d’une certaine jeunesse tananarivienne. Amours, disputes et fêtes arrosées, tout y est !

Tiako hitoetra (1 h 25, 2022), produit par Craft Film Madagascar et réalisé par Mamy Ranto, s’ouvre avec une scène de conflit qui oppose trois jeunes : Andhy, Karen et Luc. Ce dernier est en colère car il surprend sa copine Karen en train de flirter avec Andhy dans un restaurant. Luc accuse Andhy de lui avoir piqué sa meuf. Andhy reproche à Karen de lui avoir caché qu’elle était déjà en couple avec Luc. À l’issue de cette dispute, la rupture est consommée entre les trois, non sans laisser une profonde rancœur, surtout chez Luc. Le jeune cinéaste Mamy Ranto, qui est aussi le scénariste, excelle dans la narration de ces scènes conflictuelles

Après avoir rompu avec Karen, Andhy tombe amoureux de Kezia, une étudiante en première année de gestion, comme lui.  Toute histoire d’amour comporte une force antagoniste qui peut séparer le couple, ici elle est incarnée par Luc qui s’avère être le grand frère de Kezia et par Roger, leur père, brillamment campé par Rakotofiringa Roland dit Ratrema.

L’attention se cristallise désormais sur une question : Andhy et Kezia vont-ils parvenir à préserver leur amour malgré cette opposition ?

Malgré d’indéniables qualités, le scénario comporte quelques incohérences : vers la fin du film, un événement tombe comme un cheveu sur la soupe, car aucun élément antérieur n’explique qu’il survienne ! Tiako hitoetra bénéficie cependant d’une réalisation simple et efficace. La bande originale composée de chansons anglophones suggère la vie occidentalisée des jeunes Tananariviens. Une jeunesse dont le côté hédoniste est illustré dans le film par le goût des fêtes arrosées avec prise de drogue sous forme de pilules. Le film est déjà en vente sur le marché.


Aina Randrianatoandro
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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