Manou Rajerison : Allo, quoi !
20 novembre 2023 // Métiers & Petits Métiers // 4603 vues // Nc : 166

Dans le business de la téléphonie depuis cinq ans, Manou Rajerison a commencé dans les rues d’Analakely. Alors vendeur de téléphones, l’homme d’affaires a réussi à se formaliser pour devenir l’un des plus grands fournisseurs en appareils mobiles à Antananarivo et en province. Par ses stratégies, le revendeur sait tenir les affaires pour rester le plus accessible possible tout en promettant un emploi à ceux qui en cherchent.

Comment se démarquer des autres vendeurs de téléphone ?
J’ai débuté dans les rues d’Analakely, comme tout vendeur de téléphones. Il s’agissait d’un petit business, et plus tard, avec un ami, nous avons commencé à chercher des fournisseurs étrangers. Cela s’est passé en 2015, et deux ans plus tard, cet ami a créé la société Deal Télécom dont je suis actuellement le directeur général. Comme prévu, nous importons des téléphones de Chine et de Dubaï, puis les revendons à Madagascar.
De pré-commande, ou d’arrivage par semaine, chaque prix affiché intègre déjà les frais de douane et autres. Comme il s’agit d’un marché très concurrentiel, nous essayons de garder le prix le plus bas pour la clientèle, tout en assurant la qualité.

Mais la quantité reste notre point fort : suivant toutes réglementations, la société peut se fournir des smartphones en plusieurs modèles. Il y a peu, le ministère de l’Agriculture est venu vers nous pour commander une cinquantaine de téléphones IPhone 11 Pro : la société repose sur sa régularité pour offrir une quantité illimitée, sur tous les modèles et marques. Nous vérifions la qualité et la marque originale, et s’ils sont reconditionnés – comme le sont pour la plupart de nos IPhone – nous passons directement commande auprès des fabricants d’origine comme Apple.

Comment marche le processus ?
Aina, celui qui a créé la société, se déplace à l’extérieur pour trouver des fournisseurs : il établit des partenariats et fait le tour des revendeurs pour trouver des articles de qualité à un prix raisonnable. Pendant qu’il s’occupe de la relation avec les fournisseurs, je supervise les activités à nos boutiques. Nous avons neuf employés fixes dans notre boutique principale, quelques-uns dans une autre de vente d’accessoires de téléphones, et une dizaine de travailleurs en ligne. Nous sommes ouverts à tout collaborateur, surtout sur les réseaux, d’autant que nous établissons une convention avec eux pour voir le mode de rémunération. Il suffit d’avoir un compte Facebook – personnel ou professionnel – et de partager nos offres, dans le but d’en vendre le maximum possible. Evidemment, nous les formons, car même si publier paraît simple, il y a une certaine stratégie à adopter. Face à nos concurrents – qui sont assez nombreux, et utilisent la même technique – j’essaye de continuellement rester en éveil. Mon idée est de maintenir le prix le plus bas afin de fidéliser la clientèle : nous fonctionnons principalement par la « bouche à oreille » et les recommandations des clients.

Quels sont les défis du travail ?
Le plus grand défi est de convaincre la clientèle pendant les moments assez délicats et qui nécessitent des moyens, comme la rentrée scolaire. Ce sont les périodes les moins évidentes pour la vente. Le reste de l’année se passe mieux, bien que, comme je l’ai indiqué précédemment, il y a énormément de concurrents. Il faut une certaine tactique pour maîtriser le marché. En général, nous arrivons à écouler une trentaine d’exemplaires par semaine, mais cela dépend également des commandes, d’autant que nous recevons les pré-commandes, et ce, même pour les marques les plus récentes. Chaque personne au sein de la société se voit attribuer une tâche : du partenariat au calcul du prix des téléphones, et à la livraison. Certains de nos anciens collaborateurs ont réussi à économiser assez pour monter leurs propres affaires. De notre côté, avec Aina, nous prévoyons de transformer la société en groupe – le Deal Group – et d’élargir vers une agence de voyage, de quoi faire la différence avec les 150.000 Ariary de capital que j’utilisais à Analakely il y a huit ans. C’est pour cela que je pense fortement qu’il est possible de transformer ce qu’on aime en travail, indépendamment des commentaires des proches. Ecoutez Ravitoto de Bolo, mon message pour chaque lecteur y est !

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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