Aprinty : Tote et tout
26 octobre 2025 // Mode & Design // 5890 vues // Nc : 189

Quand Olivier Andrianahary lance Aprinty début 2025, il pense corporate : tote bags calibrés pour packagings et cadeaux d’affaires. Mais ce sont les particuliers, surtout les jeunes, qui ont raflé la mise. Plus question d’y trimballer des pains : le tote est devenu une identité à portée de main.

Mangas, versets bibliques, petites phrases d’auto-motivation (« you are beautiful »), jusqu’aux lyrics de leur dernier crush musical : les clients d’Aprinty n’ont peur de rien. Certains scrollent Pinterest comme on feuillette un moodboard de vie, puis exigent que l’image choisie devienne portable. D’autres vont plus loin : pourquoi se contenter d’un dessin quand on peut s’afficher soi-même ? Oui, certains se promènent carrément avec leur propre photo imprimée en plein format sur le sac. À côté, les modèles « bestfriend » imaginés par Olivier Andrianahary font presque sages. « Les sacs bestfriend n’ont pas tellement marché, ce qui fonctionne, c’est quand on écoute ce qu’ils ont à dire, ce qu’ils veulent exprimer », reconnaît-il. En clair : plus c’est personnel, plus ça cartonne.

Ce besoin d’unicité n’a rien de neuf : les sacs des grandes maisons l’exploitent depuis toujours. Un Birkin de Hermès glisse à l’oreille : « je fréquente les bons cercles et je suis rare ». Un Chanel 2.55 insinue : « mon goût est une lignée intemporelle, pas une tendance ». Un Dior Saddle, lui, hurle presque : « j’assume mon excentricité pop ». Derrière ces voix se cachent du cuir de crocodile ou d’agneau, des chaînes en métal précieux et surtout des dizaines d’heures d’atelier pour chaque pièce.

Mais là où ces icônes reposent sur des peaux rares et un artisanat d’orfèvre, le tote revendique la même affirmation de soi… en lamba soga, imprimé DTF, à peine assez costaud pour survivre à une machine à repasser. Résultat : un manifeste personnel à 14 000–16 000 ariary (version avec fermeture), accessible même aux étudiants. « Ils n’ont pas les moyens d’acheter beaucoup, ils préfèrent une pièce unique faite juste pour soi. »

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Aprinty

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - LeManana guitariste - Mai 2026 - NC 196

Découvrez LeManana guitariste dans le no comment® NC 196 – mai 2026
LeManana puise ses racines dans le beko du Sud de Madagascar pour mieux les mêler aux rythmes d'Afrique et du monde. Quinze ans après ses débuts sur scène, sa world music a déjà traversé les cinq continents. Rencontre avec un artiste qui n’a pas fini de faire voyager la musique malgache.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir