Izazabe : Créateur low-tech
3 avril 2022 // Arts Plastiques // 4897 vues // Nc : 147

Xavier Fischer dit le « Bébé géant » (Izazabe), mise sur la liberté de création. Il réalise des objets à partir de matériaux recyclés comme l’aluminium ou le laiton en se spécialisant dans la fonte traditionnelle.

En 2019, Xavier Fischer crée son atelier Izazabé du côté d’Ivato, une société familiale qu’il gère avec son épouse, Nirintsoa. « J’ai donné ce nom à l’atelier car il y a quelques années, j’ai écrit un livre de jeunesse Le Bébé géant qui parlait d’un enfant différent des autres. Comme j’ai commencé à faire des ateliers à Tana autour du livre, les enfants m’ont appelé i zaza be. » Dans son atelier, il réalise des objets s’inscrivant dans une démarche low-tech. « C’est le cœur de mon travail. Prenons un exemple concret, le fatapera (réchaud à charbon de bois traditionnel). Il est fabriqué avec du métal recyclé et avec un outillage simple. Au final, l’objet est accessible financièrement, écologique et durable. C’est ça le low-tech, l’intelligence populaire. Avec peu, on fait beaucoup. Les artisans malgaches sont les champions du monde du low-tech. » Mais Xavier Fischer peut passer du statut d’artisan à artiste.

Depuis qu’il a découvert Madagascar en 2008 grâce à la styliste Mialy Seheno, il n’a cessé de collaborer avec des peintres, des tisseurs, des danseurs et des ferronniers. « Je peux répondre à des commandes de dessin comme le baobab de Ravinala Airports que j’ai dessiné pour Dieudonné Razafinjatovo. Je conçois également des pièces en métal pour des sociétés dont j’aime le travail. Notre singularité est d’associer l’art et l’artisanat. »

Dans son parcours professionnel, Xavier Fischer a côtoyé de nombreux poètes. À travers ses objets et son art, il essaye de retranscrire une part de poésie. « Charlie Chaplin disait que la poésie est une lettre d’amour adressée au monde. C’est ce que j’essaye de faire. Par exemple, le dessin de couverture de ce numéro s’appelle Le zébu et le feu. C’est une déclaration d’amour pour la forêt malgache qu’il faut absolument sauver. » Xavier est le lauréat du projet Mondes nouveaux lancé par le ministère de la Culture en France parmi 200 projets d’artistes pour imaginer le monde de l’après-covid. « J’ai proposé ce projet en collaboration avec l’architecte Shama Boudhabhay pour mettre en lumière l’artisanat d’Ambatolampy. Nous allons sculpter et fabriquer des tablettes en aluminium recyclé. Elles seront exposées à La Réunion et peut-être à Paris et Antananarivo. » Artisan au grand cœur, il s’engage auprès des plus démunis. « Grâce à la vente d’un décapsuleur, par exemple, nous offrons des bougies dans les quartiers qui n’ont pas accès à l’électricité, des stylos ou des cahiers aux enfants. C’est notre façon de faire notre part en tant que citoyen. » Pour cette année, il mise encore sur un projet solidaire. « Je suis en train de développer un bougeoir en aluminium recyclé qui résistera au vent et à la pluie. Grâce à des mécènes et des ONG, j’espère pouvoir en distribuer gratuitement dans les quartiers populaires pour apporter plus de confort et de sécurité aux habitants. »


Aina Zo Raberanto

Le cœur de l’océan Indien
(Ravinal Airports)
Bronze
Le décapsuleur / Baobab
Aluminium
Tablette pour Mondes Nouveaux
Aluminium
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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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