ARRA : Quand la céramique matérialise des mouvements
29 janvier 2024 // Mode & Design // 8525 vues // Nc : 168

« J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant », disait Picasso. Comme quoi il en faut du travail pour garder la spontanéité d’une œuvre après les prouesses techniques nécessaires. C’est aussi le cas pour la céramique : après avoir travaillé pour Hermès et le groupe LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, Ando Ramanantsoa est retournée à Madagascar pour y développer l’artisanat et les savoir-faire. ARRA fait partie de ses projets, un studio qui produit et commercialise des céramiques uniques.

Contrairement à l’artisanat de fonction où tout est standardisé et reproduit, une collection ARRA se distingue par la singularité de chaque pièce. On pourrait méprendre ces irrégularités pour des erreurs, sauf qu’elles sont délibérées. « Toutes nos pièces sont réalisés à la main. Le mouvement est donc au cœur de notre art. Aucune pièce ne se ressemble et c’est notre intention primaire. Chacune est façonnée selon le mouvement que la main veut bien lui donner, il en résulte des pièces uniques et magnifiques. » La matière capture ces mouvements et les fige grâce aux plis sur le bord d’une vase, la courbe au creux d’un récipient, les mini-ondulations à la surface d’une assiette. Pour autant, il n’y a pas de place à l’à peu près. « La modernité réside dans les détails, les finitions et l’histoire de chaque pièce, que ce soit la matière utilisée ou la manière dont elle est appliquée à l’objet. Les pièces en céramique sont façonnées à la main, avec de la terre de Madagascar, à Antananarivo. Nous effectuons un gros travail de recherche en amont pour trouver la meilleure façon de le faire. C’est un long processus qui nécessite de la patience et un certain savoir-faire. Si on brûle les étapes, il faut tout recommencer. »

Ces surfaces incarnent donc des mouvements, la vocation du projet lui-même d’abord. « ARRA est né de la volonté de mettre en lumière un artisanat moderne et malgache qui se nourrit et s’enrichit de ce qui l’entoure, techniquement et esthétiquement. Cela donne naissance à des pièces hybrides à l’esthétique singulière et minimaliste, empreinte de modernité. » Les pièces conservent ce charme fait-maison propre au « vita gasy ». Ensuite, on y retrouve le parcours de la fondatrice elle-même, croisement du cœur malgache avec l’âme suisse. Ando Ramanantsoa est née à Madagascar mais elle a grandi en Suisse. « ARRA est la fusion de ces deux cultures. Pour notre première collection d’art de la table en céramique, cette fusion s’est traduite par les teintes dans les tons gris pastel et les finitions brutes des rochers helvétiques. Le tout façonné avec de la terre de Madagascar, tantôt blanche, tantôt rose brique. » Et bien sûr, les acquéreurs y trouveront aussi leurs penchants personnels. « Nos pièces à l’histoire et à l’esthétique particulières s’adressent à des personnes qui doivent y être sensibles. Acquérir des pièces ARRA, c’est vouloir posséder une partie de cette belle aventure. »

Justement, ARRA entretient une relation privilégiée avec son public, à travers des ateliers d’initiation à la poterie. « Les journées ARRA sont une extension du studio afin de faire découvrir notre univers au public. Ces ateliers sont destinés aux enfants et leurs parents à un prix abordable pour resserrer les liens autour d’une activité ludique. L’idée est de développer et d’éveiller la créativité de chacun. » Actuellement, le projet sort hors de son moule : une collection de céramique avec l’atelier de broderie D’Iles En Iles, un atelier à venir pour les adultes, et d’autres surprises à découvrir sur sa page Instagram.

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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