Ali OneJah, Dirty dancing
20 février 2026 // Musique // 59 vues // Nc : 193

À force de passer en boucle sur les radios, Whine, Bubblin a fini par s’imposer dans le paysage sonore malgache. Son clip, bien loin de ce que proposent habituellement les petits écrans locaux, place Ali OneJah au cœur d’un débat entre danse, provocation et ouverture culturelle.

Dès les premières mesures de Whine, Bubblin, le ton est donné. Un rythme dancehall solaire, calibré pour enflammer le dancefloor, un refrain entêtant qui s’impose sans effort, et une énergie taillée pour faire bouger les corps avant même d’interroger les esprits. Le morceau, récemment sorti et déjà largement diffusé sur les ondes, s’impose comme un tube assumé, porté par une esthétique volontairement frontale. Mais ce sont surtout les images qui ont fait réagir. Le clip de Whine, Bubblin bouscule, en quelques séquences, certains codes moraux malgaches. Femmes aux tenues très légères, mouvements très sensuels, danses explicites centrées sur les hanches : le langage corporel est revendiqué, pleinement inscrit dans l’imaginaire dancehall. Ali OneJah affirme pourtant avoir appliqué des filtres, tenant compte des sensibilités locales. « Sinon, ça aurait été encore plus osé », confie-t-il. Une retenue relative, qui n’a pas empêché critiques et polémiques d’affluer.

Sous ses airs festifs, Whine, Bubblin n’est pourtant pas qu’un simple morceau pour la fête. L’inspiration est volontairement simple, presque narrative. Celle d’un renversement amoureux : un garçon longtemps ignoré devient soudain objet de désir. Mais l’heure n’est plus aux promesses profondes. « Si c’est pour profiter du moment, pourquoi pas, mais pas pour une relation sérieuse », résume l’artiste, non sans humour. De ce refus naît une réponse claire : autant se contenter de whine et de bubblin, ces mouvements empruntés au dancehall jamaïcain.

Pensé comme un titre dynamique, le morceau revendique le mouvement, la danse, l’instant. Ici, pas de démonstration vocale inutile : l’objectif est ailleurs. Faire bouger. Faire sourire. Faire vivre. Et surtout, inscrire Madagascar dans une culture musicale globale où ce type de clip est anodin, en Jamaïque comme dans plusieurs pays d’Amérique du Sud. Le projet ne se pense donc pas uniquement à l’échelle locale. Refrain en jamaïcain, passages en français, esthétique léchée : Whine, Bubblin vise clairement un public international. Tourné en une seule journée, du midi jusqu’à l’aube, le clip témoigne d’un soin particulier porté aux détails.

Zouk, reggae, ragga, shatta ou dancehall : Ali OneJah navigue entre les rythmes, fidèle à un ancrage revendiqué. Avec Whine, Bubblin, il ne cherche pas à provoquer pour provoquer, mais à affirmer qu’à Madagascar aussi, le dancehall existe, s’assume, et danse face au monde.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Ali OneJah

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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