Ali OneJah, Dirty dancing
20 février 2026 // Musique // 5788 vues // Nc : 193

À force de passer en boucle sur les radios, Whine, Bubblin a fini par s’imposer dans le paysage sonore malgache. Son clip, bien loin de ce que proposent habituellement les petits écrans locaux, place Ali OneJah au cœur d’un débat entre danse, provocation et ouverture culturelle.

Dès les premières mesures de Whine, Bubblin, le ton est donné. Un rythme dancehall solaire, calibré pour enflammer le dancefloor, un refrain entêtant qui s’impose sans effort, et une énergie taillée pour faire bouger les corps avant même d’interroger les esprits. Le morceau, récemment sorti et déjà largement diffusé sur les ondes, s’impose comme un tube assumé, porté par une esthétique volontairement frontale. Mais ce sont surtout les images qui ont fait réagir. Le clip de Whine, Bubblin bouscule, en quelques séquences, certains codes moraux malgaches. Femmes aux tenues très légères, mouvements très sensuels, danses explicites centrées sur les hanches : le langage corporel est revendiqué, pleinement inscrit dans l’imaginaire dancehall. Ali OneJah affirme pourtant avoir appliqué des filtres, tenant compte des sensibilités locales. « Sinon, ça aurait été encore plus osé », confie-t-il. Une retenue relative, qui n’a pas empêché critiques et polémiques d’affluer.

Sous ses airs festifs, Whine, Bubblin n’est pourtant pas qu’un simple morceau pour la fête. L’inspiration est volontairement simple, presque narrative. Celle d’un renversement amoureux : un garçon longtemps ignoré devient soudain objet de désir. Mais l’heure n’est plus aux promesses profondes. « Si c’est pour profiter du moment, pourquoi pas, mais pas pour une relation sérieuse », résume l’artiste, non sans humour. De ce refus naît une réponse claire : autant se contenter de whine et de bubblin, ces mouvements empruntés au dancehall jamaïcain.

Pensé comme un titre dynamique, le morceau revendique le mouvement, la danse, l’instant. Ici, pas de démonstration vocale inutile : l’objectif est ailleurs. Faire bouger. Faire sourire. Faire vivre. Et surtout, inscrire Madagascar dans une culture musicale globale où ce type de clip est anodin, en Jamaïque comme dans plusieurs pays d’Amérique du Sud. Le projet ne se pense donc pas uniquement à l’échelle locale. Refrain en jamaïcain, passages en français, esthétique léchée : Whine, Bubblin vise clairement un public international. Tourné en une seule journée, du midi jusqu’à l’aube, le clip témoigne d’un soin particulier porté aux détails.

Zouk, reggae, ragga, shatta ou dancehall : Ali OneJah navigue entre les rythmes, fidèle à un ancrage revendiqué. Avec Whine, Bubblin, il ne cherche pas à provoquer pour provoquer, mais à affirmer qu’à Madagascar aussi, le dancehall existe, s’assume, et danse face au monde.

Lucas Rahajaniaina

Contact Facebook : Ali OneJah

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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