Adric : Afro made in Mada
13 juin 2026 // Musique // 4974 vues // Nc : 197

Originaire de la région SAVA, Adric — de son vrai nom Harimanana Kenny — incarne une nouvelle vague afrobeat malagasy, entre influences nigérianes et identité locale assumée. Avec Ninao, son deuxième single, il s’invite déjà dans les playlists des jeunes et s’impose comme une voix émergente à suivre.

Il a 19 ans à peine, et déjà ses refrains tournent en boucle — dans les taxis-brousse, sur les téléphones, dans ces radios locales qui flairent parfois les évidences avant tout le monde. Avec le titre Ninao, Adric s’installe doucement, mais sûrement, dans les hit-parades. Musicalement, ce morceau s’inscrit dans un afrobeat contemporain, épurée, presque minimaliste — une production qui laisse respirer la voix, dans la lignée de certains titres de Joeboy ou Davido. Mais derrière cette fluidité, il y a une intention claire. « Je voulais quelque chose de sincère. Parler d’amour sans détour », confie Adric. Le morceau mêle malgache et anglais, porté par un refrain entêtant — “I need you every time, I need you every day” — qui dépasse facilement les frontières.

Avant la musique, pourtant, il y a eu la danse. Une école du corps, du rythme, du regard. Puis la débrouille : à 13 ans, il compose et enregistre avec un simple téléphone. « Je n’avais rien, mais j’avais envie de créer », dit-il. Une phrase qu’on a déjà entendue mille fois — mais qui, chez lui, sonne encore juste. Le vrai tournant arrive en 2025, lorsqu’il rejoint Bency Production, un label qui avait déjà révélé Lima. Changement d’échelle immédiat. Autour de lui, une équipe se structure, entre beatmakers africains, réalisation visuelle et ingénierie du son. L’objectif est clair : inscrire sa musique dans les standards afro actuels, sans perdre son ancrage. Et c’est peut-être là que tout se joue. Entre Nosy Be et Lagos, entre instinct et stratégie. « Je veux représenter la jeunesse malgache, montrer qu’on peut partir de peu et aller loin », affirme-t-il. La suite est déjà en marche. D’autres titres arrivent, plus rythmés, plus ambitieux. Comme si Adric, morceau après morceau, cherchait moins à suivre une tendance qu’à s’y inscrire durablement.

Et déjà, l’horizon s’élargit. 2026 s’annonce comme une année charnière, presque un laboratoire à ciel ouvert. Adric prépare une série de sorties aux sonorités afrobeats plus affirmées, nourries des tendances actuelles venues du Nigeria, du Ghana ou d’Afrique du Sud, mais toujours traversées par une identité malgache qu’il ne négocie pas. Les prochains titres promettent plus de rythme, plus de danse, des mélodies qui accrochent sans demander la permission. « Je veux que ça bouge, que ça vive », glisse-t-il. Derrière cette montée en puissance, une ambition claire : faire circuler sa musique bien au-delà des frontières — et, chemin faisant, installer son nom parmi ceux qui comptent.

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golf: Du green à Antalya

Lire

11 octobre 2026

Golf: Du green à Antalya

Ce samedi 10 octobre, le Golf du Rova à Andakana accueillait l’étape malgache de la Turkish Airlines World Golf Cup 2026. Ambiance concentrée, organis...

Edito
no comment - Naturellement intelligents

Lire le magazine

Naturellement intelligents

Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.

No comment Tv

Interview - Mahasahy Afido - Octobre 2026 - NC 201

Découvrez Mahasahy Afido, spécialiste du bonebreaking, dans le no comment® NC 201 – octobre 2026
Un bras se plie à l'envers. Une épaule semble sortir de son axe. Dans la salle, certains se cachent les yeux. Mahasahy Afido, danseur-chorégraphe et spécialiste du bonebreaking, ne fait jamais dans le consensus. En 2026, il présente Mue, son premier solo — une pièce expérimentale sur ce que les jeunes héritent de leurs aïeux, entre torsions spectaculaires et mémoire intergénérationnelle.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir