Originaire de la région SAVA, Adric — de son vrai nom Harimanana Kenny — incarne une nouvelle vague afrobeat malagasy, entre influences nigérianes et identité locale assumée. Avec Ninao, son deuxième single, il s’invite déjà dans les playlists des jeunes et s’impose comme une voix émergente à suivre.

Il a 19 ans à peine, et déjà ses refrains tournent en boucle — dans les taxis-brousse, sur les téléphones, dans ces radios locales qui flairent parfois les évidences avant tout le monde. Avec le titre Ninao, Adric s’installe doucement, mais sûrement, dans les hit-parades. Musicalement, ce morceau s’inscrit dans un afrobeat contemporain, épurée, presque minimaliste — une production qui laisse respirer la voix, dans la lignée de certains titres de Joeboy ou Davido. Mais derrière cette fluidité, il y a une intention claire. « Je voulais quelque chose de sincère. Parler d’amour sans détour », confie Adric. Le morceau mêle malgache et anglais, porté par un refrain entêtant — “I need you every time, I need you every day” — qui dépasse facilement les frontières.
Avant la musique, pourtant, il y a eu la danse. Une école du corps, du rythme, du regard. Puis la débrouille : à 13 ans, il compose et enregistre avec un simple téléphone. « Je n’avais rien, mais j’avais envie de créer », dit-il. Une phrase qu’on a déjà entendue mille fois — mais qui, chez lui, sonne encore juste. Le vrai tournant arrive en 2025, lorsqu’il rejoint Bency Production, un label qui avait déjà révélé Lima. Changement d’échelle immédiat. Autour de lui, une équipe se structure, entre beatmakers africains, réalisation visuelle et ingénierie du son. L’objectif est clair : inscrire sa musique dans les standards afro actuels, sans perdre son ancrage. Et c’est peut-être là que tout se joue. Entre Nosy Be et Lagos, entre instinct et stratégie. « Je veux représenter la jeunesse malgache, montrer qu’on peut partir de peu et aller loin », affirme-t-il. La suite est déjà en marche. D’autres titres arrivent, plus rythmés, plus ambitieux. Comme si Adric, morceau après morceau, cherchait moins à suivre une tendance qu’à s’y inscrire durablement.
Et déjà, l’horizon s’élargit. 2026 s’annonce comme une année charnière, presque un laboratoire à ciel ouvert. Adric prépare une série de sorties aux sonorités afrobeats plus affirmées, nourries des tendances actuelles venues du Nigeria, du Ghana ou d’Afrique du Sud, mais toujours traversées par une identité malgache qu’il ne négocie pas. Les prochains titres promettent plus de rythme, plus de danse, des mélodies qui accrochent sans demander la permission. « Je veux que ça bouge, que ça vive », glisse-t-il. Derrière cette montée en puissance, une ambition claire : faire circuler sa musique bien au-delà des frontières — et, chemin faisant, installer son nom parmi ceux qui comptent.
Tatiana Randriamanakajasoa