Volampadina : Le mois où le sang doit se taire
15 février 2026 // Soatoavina // 1674 vues // Nc : 193

Dans le calendrier traditionnel malgache, certains temps ne laissent aucune place à l’erreur. Le Volampadina en fait partie. Mois sacré de la purification, il impose une règle absolue, non négociable : aucun sang ne doit être versé, sous peine de rompre l’équilibre spirituel recherché.

C’est sans doute l’interdit le plus fort, et le plus méconnu du grand public. Durant le Volampadina — appelé aussi Reniandro Alohotsy — verser du sang est strictement proscrit. Aucun sacrifice, aucun fadin-dambo, aucun joro, même lorsque les circonstances sociales ou agricoles semblent l’exiger. Pas d’exception. Pas de rattrapage. Le sang, porteur de vie mais aussi de rupture, n’a pas sa place dans ce mois de purification totale. Y déroger reviendrait à souiller un temps censé préparer l’élévation du hasina, cette sacralité fondamentale au cœur de la tradition malgache.

Ce caractère radical explique, en partie, pourquoi le Volampadina est qualifié de mois sacré. Il ne s’agit pas d’un temps festif, mais d’un moment de retenue, d’introspection et de réalignement. La Reniandro Alohotsy prépare l’accueil de l’Alahamadibe, le Nouvel An traditionnel, qui n’est ni une simple célébration ni un folklore figé, mais un renouveau spirituel profond. Encore faut-il être purifié pour y entrer.

La purification — la fidiovana — commence dès l’apparition de la lune Alohotsy et concerne tout : le corps, l’esprit, les pensées, l’environnement, les relations humaines. Le Volampadina se déploie ainsi en plusieurs étapes rituelles, rythmant le mois et structurant ce cheminement intérieur. Réconciliations avec les autorités, avec les proches, avec les ancêtres ; apaisement des conflits anciens ; demandes de pardon pour les fautes sacrées commises, parfois sans le savoir. Ici, les mots comptent plus que les gestes. Les bénédictions remplacent les sacrifices. La parole soigne là où le sang est interdit.

À mesure que le mois avance, la purification devient plus large, plus exigeante aussi. On règle ses dettes, on nettoie les énergies négatives, on répare ce qui a été brisé. Puis vient le temps du grand nettoyage, au sens propre comme au figuré : les maisons, les cours, la cité entière se préparent. Le cœur, lui, doit être débarrassé de toute colère.

À l’issue du Volampadina, chacun est censé être prêt — intérieurement et extérieurement — à accueillir l’Alahamadibe. Purifié, apaisé, réconcilié. Et fidèle à l’interdit fondamental qui donne toute sa puissance à ce mois à part : ici, le sang ne coule pas. Jamais.

Radamaranja

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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