Sikidy : Ouvrir ce qui est fermé
26 décembre 2025 // Soatoavina // 825 vues // Nc : 191

Ni magie noire ni mystère exotique : le sikidy est une mécanique ancestrale d’une précision fascinante. Une science rigoureuse, un art subtil, qui prétend simplement ouvrir… ce qui reste fermé.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Il y a dans le mot sikidy une sorte de souffle ancien, une promesse d’accès à ce qui se cache sous la poussière du quotidien. Sokafana izay mihidy : ouvrir ce qui est fermé. Et pourtant, pour beaucoup, le sikidy demeure entouré d’un halo de crainte — comme si l’on y touchait à une magie sombre. C’est méconnaître sa nature profonde. Le sikidy n’a rien de démoniaque : c’est une science, un art, et peut-être même un langage poétique que Madagascar a patiemment façonné depuis des siècles.

Les plus modernes parlent même de « codage ». Et, oui, le parallèle tient debout : lecture de droite à gauche, structure fixe, figures qui traduisent l’état d’un système. Mais réduire le sikidy à une simple science serait un appauvrissement. Il y a là une dimension sensible qui échappe aux tableaux et aux schémas. Les anciens le disent avec un petit sourire : tout le monde peut apprendre le sikidy, mais tout le monde ne peut pas résoudre un problème. Car l’art, lui, dépend de l’intuition — cette capacité à entendre ce que les graines murmurent.

La première colonne, Tale, c’est la tête. Malé, le thorax. Fahatelo, le bassin. Bilaly, les pieds. Un corps entier posé sur la terre rouge. Les lignes, elles, racontent les relations : Fihanaha pour les descendants, Abily pour l’épouse, Alisay pour l’ami, Fahavalo pour l’adversaire. Une cartographie humaine, réduite à seize cases. Deux graines dans Tale/Fihanaha ? L’âme est en paix, la tête claire. Une seule dans Malé/Fahavalo ? Le thorax se serre, un conflit viendra. Aucun mysticisme : seulement un miroir ancien, précis, d’une honnêteté parfois désarmante.

Et depuis des générations, les Malgaches y reviennent. Parce qu’au fond, nous cherchons tous la même chose : comprendre où nous en sommes, et comment… ouvrir ce qui reste fermé.

(à suivre)

Radamaranja

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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