Tavela : Victoire par KO
4 juillet 2020 // Cinéma // 6058 vues // Nc : 126

Le cinéaste franco-malgache-indien Geoffrey Gaspard a fait du morengy le sujet de son premier long métrage documentaire intitulé « Tavela »[1] (1 h 06, 2018). En plus de nous faire découvrir ce sport de combat traditionnel, le film nous invite à réfléchir sur notre identité culturelle.

Tavela (K.-O.) s’ouvre sur la voix d’une hôtesse de l’air qui indique aux passagers que l’avion est arrivé à l’aéroport d’Antsiranana. Tout au long de son documentaire, Geoffrey Gaspard use des plans fixes pour nous montrer des images liées à sa ville natale : les rues, la baie, Nosy Lonjo. Ce mode de narration contemplatif distille une atmosphère pleine de nostalgie. Cependant, il ne s’agit pas de donner une vision édulcorée de Diego-Suarez. Les problèmes qui affectent cette ville sont également abordés. Ainsi de la dépendance au khat, une drogue très prisée par les jeunes de Diego : consommation qui n’est pas sans danger sur la santé de cette population qu’un intervenant dans le film qualifie de « sans repères » en raison de la mondialisation.

Le cinéaste analyse avec lucidité l’impact de la globalisation sur le morengy, pour le meilleur et pour le pire. Des intervenants, anciens pratiquants, déplorent notamment que cette tradition ancestrale perde de son authenticité ; tout n’est plus que business et sa technique même est dénaturée par l’intrusion d’arts martiaux étrangers. Thierry Saidani, l’entraîneur de Gilo, ne voit pas quant à lui d’inconvénients à ce métissage. Il a envoyé son poulain en Thaïlande pour apprendre la boxe thaïet ce qui en résulte s’avère très efficace. Grâce à cet acquis, Gilo est devenu Fagnorolahy, un champion de morengy, une véritable star régionale.

[1] Sélectionné dans des festivals de cinéma en Inde, en Grande-Bretagne, en France, au Kenya, au Brésil, à Madagascar. Mention spéciale du jury au Festival Africlap à Toulouse en 2019.

À travers ces deux positions contradictoires, le documentaire nous invite à nous interroger sur la manière dont nous devons gérer notre identité culturelle : opter pour la conservation stricte des traditions ou choisir la voie du métissage culturel, avec tous les risques de dénaturation que cela engage. Voulant assurer une large diffusion à son film, Geoffrey Gaspard l’a rendu public sur une plate-forme. Depuis mars, Tavela est en effet en libre accès sur YouTube (https://youtu.be/t4gyK6i_doo).

Propos recueillis par Aina Randrianatoandro
ACCM (Association des critiques de cinéma de Madagascar)

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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