Réseau CLIC : Mada, c’est toute une Clic !
7 février 2024 // Que sont-ils devenus ? // 4222 vues // Nc : 169

En septembre 2012 dans le no comment® magazine numéro 32, le Centre de Lecture, d’Information et de Culture (CLIC) a marqué les pages du magazine. Alors initiative à Alakamisy-Itenina, au Sud de Fianarantsoa, il devient aujourd’hui un réseau réparti dans tout Madagascar, mais le but est resté le même. Visite à la bibliothèque ATD Quart-Monde Antohomadinika à Antananarivo, un mercredi après-midi où les cris des jeunes visiteurs s’associent à la connaissance, la culture et 12 la lecture.

Au cœur du quartierd’Antohomadinika, les cris d’enfants retentissent dans la cour de la bibliothèque Fanovozantsoa. Ils jouent, en attendant 14 heures, début des activités. Les activités du CLIC ont évolué dans ce coin de la ville. Le centre de lecture reste reconnu pour sa Bibliothèque de rue (BDR), ce pourquoi l’initiative fait référence depuis ses débuts en 2005. L’espace à Antohomadinika se différencie quelque peu des autres : même si la bibliothèque est présente depuis 2003, une collaboration est née entre ses contributeurs, l’organisation ATD QuartMonde, et Trait d’UnionFrance-Madagascar. Depuis, l’équipe forme un bloc de choc pour faire avancer les activités : Trait d’Union France-Madagascar à la dotation des livres, et ATD Quart-Monde aux ressources humaines et matérielles. Pour l’équipe de Trait d’Union France-Madagascar, porté par Miaraka Mahefanirina, directeur du réseau des CLIC, l’objectif est simple : celle « d’appuyer le système scolaire malgache en donnant l’opportunité à des enfants d’avoir accès à des livres, mais aussi à des informations, par le développement des activités culturelles » Oui, CLIC est surtout un support aux jeunes et à leur scolarité. RÉSEAU CLIC En septembre 2012 dans le no comment® magazine numéro 32, le Centre de Lecture, d’Information et de Culture (CLIC) a marqué les pages du magazine. Alors initiative à Alakamisy-Itenina, au Sud de Fianarantsoa, il devient aujourd’hui un réseau répartidans tout Madagascar, mais le but est resté le même. Visite à la bibliothèque ATD Quart-Monde Antohomadinika à Antananarivo, un mercredi après-midi où les cris des jeunes visiteurs s’associent à la connaissance, la culture et 12 la lecture.

Pas que de lectures. Le CLIC propose des activités chaque mercredi et samedi, surtout par son programme TAPORI. Un TAPORI regroupe les jeunes du quartier à ceux étrangers sous un thème et des activités définis au niveau international. De la compréhension au partage, les animatrices du groupe mènent une activité à une vingtaine de jeunes entre 9 et 14 ans. Du coloriage aux animations, les groupes de bibliothèque de rues et du TAPORI sont les références du quartier. Mamy Nirina Ralalasoa, animatrice du centre, confie : « Nous avons déjà eu des retours des professeurs nous parlant de l’évolution des enfants qui viennent ici » Aucun retour négatif, certains reviennent, même après plusieurs années, parce que oui, l’endroit est devenu « leur troisième maison », après l’école. La bibliothèque d’Antohomadinika reçoit dans les 10 000 visites par an, pour une ouverture journalière et des activités diverses, toujours ouvertes aux collaborateurs externes.

Pour Madagascar, le CLIC, c’est tout un réseau. Planté dans les communes reculées de l’Ile, chaque CLIC est le fruit du partenariat entre le Ministère de l’Education Nationale et Trait d’Union France-Madagascar, sur la demande des communautés locales. Avec 26 centres de lecture, et huit CyberCLIC – des centres munis de connexion internet, le CLIC est devenu un refuge pour les amoureux de lecture. « C’est un lieu de vie, c’est devenu un lieu d’échange culturelaxé sur la connaissance » souligne Miaraka Mahefanirina, en se référant au centre d’Antohomadinika.

Dans cette pièce aux étagères faites de livres en fran- çais, mais aussi en malgache, en anglais ou espagnol, aucun genre n’est exclu. « Nous souhaitons remettre l’idée de lecture pour le plaisir, et c’est pour cela que nous avons des livres variés, de roman, à apprentissage de métier. » Des ouvrages, il y en a pour tous les goûts. Le défi reste de taille pour implanter la lecture dans la culture malgache. Le souhait de l’équipe est de prioriser la structure école-bibliothèque sachant que cette dernière est si peu reconnue par sa valeur.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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