Roova : D-I-S-C-O… C’est quoi ce délire ?
2 novembre 2020 // Musique // 12534 vues // Nc : 130

« Ny rock sy ny revintsika » (Le rock et nos délires) est présenté comme le premier double album de l’histoire du riff malgache. Et pas n’importe qui derrière ! Roova associe en effet des vétérans de la scène gasy et des musicos plus « next gen » pour un album qui s’annonce comme un mélange détonant de rock et de  disco…

On se réveille, bordel ! C’est un peu le leitmotiv de ce curieux produit mi-rock- mi-disco et ce pourquoi Roova, le leader de la formation, a tout fait pour le faire exister. « Un jour un journaliste m’a demandé pourquoi les rockers d’aujourd’hui ne jouaient plus que des ballades soporifiques, ça m’a frappé. Il fallait réveiller les foules, les faire bouger, et à ce niveau-là, je ne connais rien de plus dansant que le disco ! » Le mot est lâché. Mot honni de tous les hardeux, mods, punks, métaleux de la planète rock mais qui, une fois lâché sur le dance floor, est totalement dévastateur autant pour les guiboles que pour les oreilles. Rappelez-vous Ottawan, vous, les vieux croulants du siècle d’avant ! « Elle est D… Désirable / Elle est I… Irrésistible / Elle est S… Super sexy / Elle est C… C’est formidable / Elle est Ooooooo… Elle est disco (x4) ! »

Ça c’est de la montée en puissance, mes aïeux ! Et les mornes jeunots de l’ère pandémique feraient bien de s’en inspirer, déjà que suer massivement en public sous son masque n’est plus tellement autorisé. Bref, avec ce concept un poil revivaliste, Roova devrait casser sans problème la baraque à groove. Formé en 2016 par lui-même au chant et à la guitare acoustique, le groupe réunit d’abord des amis de longue date. « Je fréquente Johnny (basse) et Andry (guitare solo), depuis 15 ans. Quant à Banane (batterie), ça doit bien faire deux décennies, on est tous les deux du quartier d’Isoraka. » Sans oublier Jaykee (guitare rythmique), Tovokely (claviers), Njiva (basse, guitare acoustique), Jaxx (percussions), et Christophe (chant et chœurs) venus s’agréger au projet.

Rock et disco, Roova travaille depuis des années à réaliser cet étrange alliage. « Ça a longtemps foiré car les puristes qui biberonnent au blues n’aiment pas a priori les boules lumineuses à la Boney M. Il faut croire que j’avais besoin d’un regard extérieur pour y arriver. Andry m’a ouvert les yeux en jouant un de mes morceaux à sa manière et j’ai compris qu’il y avait matière à progresser ». En plus d’Andry, le travail de composition est partagé entre Roova, Johnny et Christophe.

Roova s’est donc remis à étudier le chant. « Chanter ne s’improvise pas. Je viens du théâtre à la base et j’ai été choriste, je sais que tout ça s’apprend ». Éclectique, il ne cache pas que son plaisir passe autant par Rossy, Oladad, Tselatra que par Michael Jackson, Scorpions et AC/DC. Et c’est un peu le sens et le message de l’album Ny rock sy ny revintsika. La galette qui devrait sortir cette année, après deux ans et demi de travail, fait presque figure de compilation, car elle inclut des titres composés depuis bien longtemps mais dont la juste balance entre rock et disco n’avait jusque-là pu être trouvée. Le résultat c’est une vingtaine de morceaux – oui la valeur d’un double LP ! - et pas moins d’une douzaine de vidéos qui accompagneront la sortie de l’album. 

Au-delà du discours discoïdo-festif (par exemple, sur Araraoty ihany (Profites-en quand même), Roova n’hésite pas à aborder des sujets plus graves comme la désunion de la scène rock malgache : « La roue tourne, chacun a son moment de gloire mais personne ne reste éternellement populaire, alors soutenons-nous les uns les autres, surtout les moins chanceux et ceux qui ont choisi l’underground. » La présence de jeunes musicos au sein de cette réunion de vétérans a en soi valeur d’application. Pour lui comme pour beaucoup d’entre nous, la pandémie a pas mal chamboulé le planning de Roova qui a notamment dû décommander un concert au Dôme d’Ankorondrano, prévu juste avant le confinement. « Mais on ne lâche rien », assure Roova qui promet des tournées autour de la capitale dès la sortie de l’album. Alors 2021 année disco ?

Propos recueillis par Eva Rasamison

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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