Ranto Niaina : Guitariste performeur
2 avril 2022 // Musique // 10785 vues // Nc : 147

Entre composition et improvisation, Ranto Niaina nous embarque vers un voyage musical. En solo ou en groupe, ce guitariste performeur partage, construit et s’enrichit grâce aux collaborations.  Dans sa musique, il ne s’impose aucune limite.

Après s’être essayé à la batterie et aux percussions, Ranto Niaina a un vrai coup de cœur pour la guitare. De 2014 à 2016, il intègre différents groupe,s notamment Jimmy B Zaoto, Rado Andriamanisa, LohArano ou encore RA. « L’univers musical de chaque groupe est différent. Ce sont des richesses que j’ai exploitées afin de forger mon propre univers et me permettre d’aller vers une démarche plus personnelle. » Le jeune musicien a donc décidé de partir en solo mais en poursuivant ses collaborations avec d’autres artistes de différentes disciplines. L’une des rencontres qui a marqué son parcours est celle avec le danseur et chorégraphe Ariry Andriamoratsiresy, lors d’une résidence à Mayotte avec un autre danseur et chorégraphe congolais Djodjo Kazadi sur une pièce intitulée Miafana. « J’avais déjà fait quelques résidences, mais celle-là a été un vrai déclic pour moi. Ariry m’a donné des conseils sur la façon de créer, d’aller plus loin dans mes réflexions pour élaborer ma démarche artistique. C’est la première fois que j’ai ressenti que la musique pouvait aussi se créer à travers des mouvements. Et c’est également à ce moment-là que j’ai su que je n’étais pas un simple guitariste, mais aussi un performeur. »

Au fil du temps, Ranto Niaina se retrouve sur scène avec des peintres, des photographes, des danseurs, des poètes, des beatboxer… « C’est dans les collaborations que le côté performeur entre en jeu, ainsi que l’improvisation même s’il y a des structures à suivre. Ce que je trouve intéressant, c’est de travailler sur des concepts innovants à chaque fois. Comme d’avoir joué dans la rue lors de la septième édition du Festival d’art urbain en 2021. » À travers ces expériences, il est convaincu que l’art n’a pas de frontière et sa musique non plus. « Je n’ai pas envie de me mettre dans une case, de définir ce que je fais. De la fusion ? Je ne sais pas trop. » En tout cas, ce qui est sûr c’est que le jeune homme sait où il va. Depuis presque trois ans, il compose. Des morceaux reflétant ses émotions, sans jamais en faire une tonne. Il n’aime pas trop les démonstrations ou le spectacle, tout est dans la finesse :  un jeu de guitare pur. « Je dois l’avouer, le confinement m’a beaucoup aidé. Je me suis beaucoup concentré sur la musique, le chemin à prendre. J’avais également le matériel nécessaire pour créer, quand on manque de matos, ce n’est pas facile. Depuis quelques temps, je crée des samples (échantillons), des boucles de musiques courtes ou plus longues que j’utilise durant mes performances. Cela a permis à ma musique d’évoluer et surtout de vivre. »

Il aime se renouveler et explore différentes formules, d’abord en solo, puis en duo avec le batteur Tsiory ou le DJ HMan et bientôt en trio. Conscient que la musique peut lui ouvrir des horizons différents, Ranto Niaina n’hésite pas à aller vers des pistes inconnues. « Faire du live, c’est super, mais je me suis dit que la musique pouvait m’emmener ailleurs. Je me suis donc essayé à donner des ateliers, chose que je n’aurais jamais imaginé faire. Finalement, j’apprends autant que les personnes qui assistent à mes ateliers. J’ai appris à m’auto-discipliner car ce n’est pas facile d’encadrer des personnes entre 17 et 50 ans. Je partage ce qu’on m’a appris, des formations scéniques, la musicalité, les structures, les compositions. » En ce moment, il travaille sur la préparation de son EP et d’une tournée.


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir