Rafaly : Silent, ça tourne
16 août 2025 // Métiers & Petits Métiers // 4037 vues // Nc : 187

On le voit tous les jours assis à même le trottoir, derrière des outils et des tas de pièces en caoutchouc. À Ambodivona, du lundi au samedi, tôt le matin jusqu’à tard l’après-midi, il se positionne comme le guru des automobilistes et motards agacés par les bruits des pièces métalliques qui s’entrechoquent. Ses « silanblok » (silent-block) artisanaux – fabriqués sur mesure – sont de véritables calmants. Pour les véhicules et leurs conducteurs.

« Mila silanblok ve ramose ? » (Besoin de silentblocs, Monsieur ?), s’empresse de demander Rafaly, dès qu’un passant ou un automobiliste tourne son regard dans sa direction. Son métier, depuis cinq ans, consiste à fabriquer – manuellement – ces pièces en caoutchouc qui servent à absorber les vibrations et les chocs entre les pièces mécaniques des voitures et des motos. « Et surtout, à réduire les bruits et améliorer le confort de conduite », s’insurge-t-il en ajoutant quand on explique mal ce qu’est un silentbloc. Passionné par ce qu’il entreprend, l’homme, dans la quarantaine, confie que son travail paie bien. « Bien qu’il ne soit pas difficile du tout », dit-il tout en peaufinant le caoutchouc pour la suspension du SUV garé juste à côté de lui.

Le plus difficile serait d’aller dénicher – un peu partout – des chutes de pneus, sur lesquelles il va couper un bout pour fabriquer les silentblocs demandés. « Il ne faut pas prendre n’importe quel pneu. Seuls ceux des gros engins font l’affaire », précise-t-il. Équipé d’un fraiseur qu’il a lui-même fabriqué, d’une panoplie de couteaux, de quelques boîtes de colle et d’autres outils encore, Rafaly – aidé d’un jeune assistant – prend 15 à 20 minutes pour réaliser la pièce commandée. « Il suffit juste que le client nous montre le modèle de la pièce à fabriquer, et le tour est joué. Avec nous, il n’y a pas de commande trop difficile ou irréalisable. Ici, c’est “satisfait ou satisfait” », lance-t-il, publicitaire. Pour ce qui est des tarifs, ça dépend de la taille et de la rareté du silentbloc. Ça part de 3 000 ariary à plus de 40 000 ariary la pièce. Comme tout métier, la fabrication de silentblocs connaît des jours avec et des jours sans. « La saison faste, c’est l’été. Les nids-de-poule sur nos routes en sont la cause », fait-il savoir.

Ce métier, Rafaly l’a appris d’un aîné. Et alors qu’il travaille depuis cinq ans pour son propre compte, il prend régulièrement des apprentis pour les former. « C’est facile. Il suffit de regarder et de suivre les directives », lance-t-il, l’air serein. Rafaly n’a point peur de transmettre ses compétences aux plus jeunes, qui seront – sans aucun doute – ses propres concurrents dans peu de temps. « Ils maîtriseront les techniques. Mais moi, j’ai mes clients fidèles qui me choisiront toujours grâce à mon sérieux et à la qualité de mon travail », confie-t-il.

Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 38 737 36

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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