Trente-deux ans de carrière, des story-boards au trait précis, des émissions cultes à la TVM et un film comme Jaomalazaà son actif — Rado Andriamanisa est l'un des maîtres incontestés de l'audiovisuel malgache. En août dernier, il a été élevé au rang de Commandeur de l'Ordre des Arts, des Lettres et de la Culture. Et il ne compte pas s'arrêter là.

Réalisateur, portraitiste, storyboardiste, musicien à ses heures — Rado navigue depuis plus de trois décennies dans les arts avec deux boussoles inébranlables. « Dans tout ce que je crée, la recherche de l'authenticité et la rigueur sont mes véritables signatures. C'est ce qui donne une âme à une œuvre audiovisuelle », confie-t-il. Tout commence à 13 ans, en autodidacte, une caméra dans les mains et des questions plein la tête. « J'ai eu la chance d'être toujours entouré d'artistes formidables qui m'ont nourri au quotidien », se souvient-il avec émotion. Incapable de réaliser un clip sans en esquisser chaque plan au préalable, il ne sépare jamais l'image animée du dessin. « Je dessine énormément. Pour moi, c'est indissociable. Je conçois systématiquement des story-boards très précis dès que je réalise des clips ou des projets audiovisuels. »
Les téléspectateurs de la TVM se souviennent de sa touche dans des émissions cultes comme TV Mikalo ou Téléservice. Au grand écran, son talent a éclaté avec Jaomalaza, dont il est le co-réalisateur. L'an dernier, son court-métrage Ilay Voaremporte le premier prix dans sa catégorie.
Puis vient la décoration nationale — Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres. « Recevoir ce titre après plus de 30 ans de passion et de travail, c'est un honneur immense. C'est une reconnaissance qui me pousse à donner encore plus pour notre culture », déclare-t-il avec un large sourire. Les récompenses pleuvent, mais sans jamais lui donner la grosse tête. Le maestro reste concentré sur l'essentiel.
Pour Rado Andriamanisa, le cinéma n'est pas qu'un divertissement — c'est un outil de transformation sociale. « Il a ce pouvoir magique de changer les mentalités et d'éduquer à travers l'émotion. C'est cette mission qui me motive à continuer », explique-t-il. Et cette année, le coup de maître est en préparation — son tout premier long-métrage en solo. « J'ai réalisé plusieurs courts-métrages jusqu'ici, et aujourd'hui je suis pleinement concentré sur ce projet. C'est l'aboutissement de mon parcours. Je suis activement à la recherche de partenaires pour concrétiser cette vision. » Avis aux investisseurs et passionnés du 7e art malgache.
Tatiana Randriamanakajasoa