Next-Gen : La croisade du nouveau Graal
9 janvier 2021 // Media & Add-0n // 10844 vues // Nc : 132

« Winner takes all ». La phrase qui résume le mieux la dure loi du marché. Amazon mange petit à petit la concurrence. Netflix est aujourd’hui le leader (quasi-)incontesté de la SVOD (Service de vidéo à la demande). Il n’y a qu’une seule place sur le trône, et la lutte pour la suprématie est intense.

La next-gen (nouvelle génération) a débarqué en novembre 2020, et nous pouvons déjà faire un premier check-up des dégâts de part et d’autre que la guerre des consoles a causés quelques semaines après que les bêtes ont été lâchées. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça n’a pas tiré à blanc. Mais pour le coup, les plus grands missiles n’ont été envoyés ni de Sony de ni Microsoft. Après tout, les constructeurs sortiront victorieux tant que leurs machines s’écoulent sur le marché. Ce qui est le cas, comme en attestent les ruptures de stocks, et la montée en flèche du prix de vente chez les revendeurs. La bataille est un loisir de fanboy, et certains font preuve d’ingéniosité (disons-le de cette manière pour éviter d’être grossier), car tout est bon pour discréditer la concurrence. Même dégager de la vapeur d’eau dans la Xbox Series X pour faire croire à une surchauffe dégageant de la fumée. À moins que la console de Microsoft ne soit programmée pour annoncer l’élection d’un nouveau pape, il n’y a aucune chance qu’elle dégage une fumée blanche. Et passons sur le fait que les fans sont prêts à mettre de l’eau dans la machine à des centaines d’euros pour faire une mauvaise blague.

Le marché du jeu vidéo, et particulièrement à la sortie d’une nouvelle console, est une porte ouverte à tous les abus. Campagne de dénigrement mise à part, c’est du côté de la revente qu’on voit toute la folie (ou amour du jeu selon le point de vue) causée par la pénurie de machines annoncée par les constructeurs eux-mêmes. Car oui, peu de consoles ont été mises à disposition, rendant la guerre pour obtenir ce nouveau Graal encore plus virulente. On parle tout de même de livreurs Amazon victimes d’agression dans la rue, alors qu’ils transportaient des PS5 pour des clients. Et aussi de personnes peu scrupuleuses mettant des photos de la next-gen en vente à prix d’or sur Ebay, en faisant croise qu’il s’agissait des consoles. Si les arrivées de nouvelles générations ont toujours mouvementées, on ne peut se tromper en disant que celle-ci remporte la palme question déchaînement planétaire.

Mais quid de ce qui se passe dans un pays aussi éloigné des problématiques du monde comme Madagascar ? Un univers où l’inégalité d’accès au marché est encore plus accentuée entre les joueurs. Certains revendeurs profitent (à tort ou à raison) de cet avantage pour proposer les dernières consoles à plus de deux fois le prix initial. Et pris par l’enthousiasme de voir une porte ouverte, certains foncent tête baissée, sans penser à faire la conversion des devises, pour renflouer les poches des uniques passeurs menant vers la next-gen, profitant de leur position dominante (beaucoup de sel dans cette phrase). Et puisque pour beaucoup, c’est la seule occasion d’entrer dans la nouvelle ère, on est bien content de s’être procuré uniquement cette nouvelle décoration de salon avec ce qui aurait pu nous faire gagner le fameux Graal, une panoplie de jeux et tous les accessoires qui vont avec. Et qui en ressort gagnant, si ce n’est la bourse pouvant recommencer le cycle. Winner takes all…


Propos recueillis par Eymeric Radilofe

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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