Nancy Alliotte : Des couleurs pour dépasser l’objectivité photographique
5 juillet 2024 // Arts Plastiques // 6746 vues // Nc : 174

Comment un tableau arrive-t-il à rappeler ce qu’on a ressenti en premier devant un paysage ? C’est là tout le travail de l’artiste peintre Nancy Alliotte. Pour dépasser l’objectivité de la photographie, elle centre sa démarche sur les couleurs, et préserve ainsi son éblouissement originel sur la toile, et sur la couverture du no comment® magazine de ce mois de juillet.

La maison où elle nous reçoit ressemble à une galerie d’art, il y a des tableaux partout. Bien qu’ils soient tous aussi colorés les uns que les autres, celui qui trône sur un mur attire particulièrement notre attention. Et pour cause, c’est la couverture du magazine pour ce numéro, mais aussi le premier qu’elle a peint en arrivant à Madagascar. « C’est lié à mon éblouissement face aux rizières, je ne m’attendais pas du tout à trouver des rizières dans une ville. A chaque fois c’est l’éblouissement. » Pour autant, elle ne ressent jamais le même émerveillement devant chaque paysage. Plusieurs paramètres entrent en scène pour lui donner une impression particulière par rapport au lieu. Cette relation dépend des différentes heures de la journée, des environs, ce qu’elle y a vécu, et aussi les facteurs humains. « J’essaie vraiment de privilégier des endroits dont je me suis bien imprégné, où je sais qu’il y a la bonne lumière, les bonnes couleurs. »

Mais alors, comment arrive-t-elle à préserver cette extase première sur la toile ? Pendant ses voyages, Nancy Alliotte part, accompagnée de sa boîte d’aquarelles et d’un appareil photo. « Ce n’est pas toujours évident de peindre devant ce qu’on voit, alors je fais des aquarelles partout où je vais, ou je peins à partir des photos que j’ai prises. Une photo ne rend jamais l’émotion d’un paysage, cette émotion est personnelle, et je pense qu’elle est liée à la contemplation et l’imprégnation qu’on a des couleurs. »

Pour faire ressortir au mieux cette impression personnelle sur la toile, elle suit des règles. « J’aime bien que les tableaux de nature soient à l’huile, car je trouve que la brillance de l’huile rend hommage à la beauté de la végétation. Pour les grands formats, vu qu’il faut beaucoup plus de temps pour les peindre, à l’acrylique ça sèche plus vite et je peux y revenir de temps en temps, tandis qu’il faut respecter un temps de séchage pour les peintures à l’huile. » L’aspect documentaire de la photographie est ici écarté grâce à la « vibration » obtenue avec la juxtaposition des couleurs. Elle obtient cet effet en mettant deux couleurs complémentaires côte à côte, des couleurs qui ont la même intensité en termes de pigmentation. Elle privilégie avant tout cette vibration au lieu de présenter les couleurs telles qu’elles sont. « Sur un tableau j’aurais pu peindre les ombres complètement en noir, mais ça aurait écrasé le tableau, alors j’ai fait naître un brun et des touches de rouge. Parfois je peins un fond de couleur, d’où les taches de rouge un peu partout, c’est pour la vibration avec le vert. »

La rivière des geysers d'Amparaky
Acrylique sur toile, 120cm par 80cm
Collection de Madagascar
Bananiers
Huile sur toile, 95cm par 80cm
Collection de Madagascar
Chutes de la lili
Acrylique sur toile, 1m50 par 1m50
Collection de Madagascar
Jacarandas au bord du lac Anosy
Huile sur toile, 1m par 1m
Collection de Madagascar

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Site Web: https://www.nancy-alliotte.com

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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