Ms. V « Dieu est une femme »
3 janvier 2022 // Arts Plastiques // 5304 vues // Nc : 144

Vice-lauréate du prix d’art contemporain Paritana en juin 2020, l’artiste visuelle Ms. V, de son vrai nom Volana Raveloson, a toujours baigné dans l’art : la danse, le théâtre, la peinture et les collages. Durant le confinement, elle renoue avec sa passion et se tourne vers l’art digital. « Je cherchais une activité pour m’occuper et je suis tombée sur les œuvres d’un artiste local qui faisait des collages. J’étais captivée par son travail numérique et je me suis rappelée que moi aussi, j’en faisais avant car petite, je découpais les magazines de mon père pour faire des collages que je mélangeais avec des timbres piqués dans son bureau. Cet artiste m’a encouragé à reprendre l’art et à en faire une sorte de thérapie. »

Avec des bases en Illustrator et Photoshop, Ms. V utilise sa tablette pour réaliser des œuvres à partir de vieilles photographies dont la plupart représentent des portraits de femmes malgaches de différentes ethnies.

« Mon père avec toute une collection de photos anciennes de l’époque coloniale. Je trouvais ces femmes tellement belles et tristes à la fois. J’avais l’impression qu’elles étaient forcées à poser pour le photographe. À cette époque, les photos étaient mal vues car on disait que le photographe volait l’âme de la personne. J’ai donc décidé de reprendre ces photos en utilisant les techniques numériques et créer des collages abstraits en introduisant des couleurs très vives pour redonner vie et honneur à ces femmes. »

C’est à travers une première exposition intitulée « CMYK » à la Fondation H à Andraharo que la jeune artiste commence à se faire connaître, avec neuf œuvres en grands formats marquant des « moments forts » de sa vie. « CMYK fait référence à une palette de couleurs utilisée dans le graphisme, Cyan, Magenta, Yellow, K-Black mais je l’ai déclinée autrement : Choices – Motherhood – Youth – Knowledge. » Ms. V a choisi d’axer son travail sur la femme malgache en mettant en avant des portraits de femmes fortes, ambitieuses, rebelles, engagées, belles, royales, bienveillantes et créatives dans un style contemporain et moderne. « L’art est une merveilleuse façon d’exprimer mon engagement pour lutter contre les inégalités que subissent les femmes à Madagascar. Je pense que mon tableau, Zanahary is a Woman (Dieu est une femme) résume bien cela ». Trois femmes avec le même visage sont assises côte à côte représentant une mère, une fille et une sœur, celle du milieu tenant précieusement Madagascar. « Cette œuvre c’est l’unité, la force, la loyauté des femmes qui sont les piliers de notre pays. »


Aina Zo Raberanto

Enthusiastic Rebel
Golden Genuine Girls
Upside down
Zanahary is a Woman
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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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