Ms. V « Dieu est une femme »
3 janvier 2022 // Arts Plastiques // 8558 vues // Nc : 144

Vice-lauréate du prix d’art contemporain Paritana en juin 2020, l’artiste visuelle Ms. V, de son vrai nom Volana Raveloson, a toujours baigné dans l’art : la danse, le théâtre, la peinture et les collages. Durant le confinement, elle renoue avec sa passion et se tourne vers l’art digital. « Je cherchais une activité pour m’occuper et je suis tombée sur les œuvres d’un artiste local qui faisait des collages. J’étais captivée par son travail numérique et je me suis rappelée que moi aussi, j’en faisais avant car petite, je découpais les magazines de mon père pour faire des collages que je mélangeais avec des timbres piqués dans son bureau. Cet artiste m’a encouragé à reprendre l’art et à en faire une sorte de thérapie. »

Avec des bases en Illustrator et Photoshop, Ms. V utilise sa tablette pour réaliser des œuvres à partir de vieilles photographies dont la plupart représentent des portraits de femmes malgaches de différentes ethnies.

« Mon père avec toute une collection de photos anciennes de l’époque coloniale. Je trouvais ces femmes tellement belles et tristes à la fois. J’avais l’impression qu’elles étaient forcées à poser pour le photographe. À cette époque, les photos étaient mal vues car on disait que le photographe volait l’âme de la personne. J’ai donc décidé de reprendre ces photos en utilisant les techniques numériques et créer des collages abstraits en introduisant des couleurs très vives pour redonner vie et honneur à ces femmes. »

C’est à travers une première exposition intitulée « CMYK » à la Fondation H à Andraharo que la jeune artiste commence à se faire connaître, avec neuf œuvres en grands formats marquant des « moments forts » de sa vie. « CMYK fait référence à une palette de couleurs utilisée dans le graphisme, Cyan, Magenta, Yellow, K-Black mais je l’ai déclinée autrement : Choices – Motherhood – Youth – Knowledge. » Ms. V a choisi d’axer son travail sur la femme malgache en mettant en avant des portraits de femmes fortes, ambitieuses, rebelles, engagées, belles, royales, bienveillantes et créatives dans un style contemporain et moderne. « L’art est une merveilleuse façon d’exprimer mon engagement pour lutter contre les inégalités que subissent les femmes à Madagascar. Je pense que mon tableau, Zanahary is a Woman (Dieu est une femme) résume bien cela ». Trois femmes avec le même visage sont assises côte à côte représentant une mère, une fille et une sœur, celle du milieu tenant précieusement Madagascar. « Cette œuvre c’est l’unité, la force, la loyauté des femmes qui sont les piliers de notre pays. »


Aina Zo Raberanto

Enthusiastic Rebel
Golden Genuine Girls
Upside down
Zanahary is a Woman
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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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