Miaro Tanjona : Tambour battant
1 décembre 2025 // Musique // 4955 vues // Nc : 191

Fils d’une légende, mais artiste à part entière, Miaro Tanjona a trouvé sa voix dans le rythme. Des scènes de concerts aux studios d’enregistrement, il façonne une musique qui lui ressemble : vivante, métissée, profondément libre.

Sous sa crinière, Miaro Tanjona a tout l’air d’un garçon réservé. Mais qu’il suffise qu’il touche une percussion pour que le timide s’efface aussitôt. L’énergie prend le relais, la musique parle à sa place. Des pointures du showbiz malgache comme Lalatiana, Zay ou encore Edgar Ravahatra ont déjà fait appel à son talent et à sa dextérité pour les accompagner sur scène. Le jeune percussionniste est à la musique ce qu’Obélix est à la potion magique : il est tombé dedans tout petit. Là où d’autres enfants s’endormaient au son de « À la claire fontaine » ou de « Mandihiza rahitsikitsika », lui s’endormait sur les frappes virtuoses de Giovanni Hidalgo, que son père lui faisait écouter. Le père en question n’est autre qu’Olombelo Ricky, figure mythique de la musique malgache et icône des percussions.

Son histoire avec le rythme remonte à l’enfance. « Quand on n’allait pas à l’école, avec mes cousins, on rassemblait des boîtes de conserve et on jouait les batteurs », se souvient Miaro, un sourire aux lèvres. Le garçon était visiblement doué. « Je me rappelle qu’à mes 11 ans, pendant un délestage, mon père tapait sur la table, et je le suivais sans rater un temps. Il m’a regardé, surpris, et m’a dit que j’étais fait pour ça », raconte-t-il. Peu après, le petit recevait son tout premier aponga, un tambour artisanal déniché au marché d’Analakely.

Autodidacte avant tout, Miaro a sillonné les ateliers de la capitale, notamment ceux du Tahala Rarihasina. « Ce sont Ariry Andriamoratsiresy et Volahasiainia Linda qui m’ont appris les bases et les techniques. Je leur dois beaucoup », confie-t-il. Après une courte pause pour ses études, il remonte sur scène à 18 ans, lors du concert Manal’Azy Vita Bacc à Ambohijatovo — un événement annuel porté par Olombelo Ricky — où il ouvre la soirée avec la chanson Soanaly. Un an plus tard, il entame ses premières tournées comme percussionniste. « Ce métier m’a fait voyager, rencontrer des gens incroyables, découvrir d’autres cultures. C’est la plus belle récompense », dit-il avec émotion.

Entre deux tournées, Miaro s’essaie à d’autres instruments — la basse, la trompette — qu’il apprend seul, « par curiosité et par envie de comprendre comment tout se relie ». Mais son univers dépasse la scène : il compose aussi pour la publicité, le cinéma ou les expositions. On lui doit notamment la bande sonore de Toy ny ranomasina de Richinany Ratovo, où il mêle percussions et bruitages d’eau pour évoquer la mer. « Je ne me pose pas de limites dans la création. Si un son me parle, je l’intègre », balance l’artiste.

Dans son studio d’Alasora, Miaro passe des heures à écrire, enregistrer et peaufiner ses morceaux. « Il peut y avoir du funk, de la salsa, du salegy… parfois tout ça dans une seule chanson », déclare le compositeur. Son titre Ho fenoiko Loko en est l’exemple parfait : un début funky, une envolée latine en milieu de morceau, et une fin pleine de lumière. « Je fais avant tout la musique que j’aime. Elle me ressemble : libre et pleine de couleurs », confie-t-il. Mais s’il n’exclut pas un album, Miaro préfère pour l’instant continuer à sortir des singles. En tournée jusqu’à la fin de l’année, il reviendra sur la scène malgache en janvier, aux côtés de Lenjaka, Joro Rakotozafiarison, Khalifa Battoura et Kevin Mirija. Et après ? Un one-man-show. « Un homme pour plusieurs instruments, c’est un peu ma devise », lance-t-il en riant.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Miaro Tanjona

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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