Mampita Iorenana : Du village au livre
11 octobre 2025 // Littérature // 3907 vues // Nc : 189

À 22 ans, Mampita Iorenana publie « Imady : Ny fitiavana sy ny tantara », un livre qui rassemble toutes les particularités de la commune d’Imady, dans l’Amoron’i Mania. Ramady, symbole de force et de résistance à la couverture, est un modèle sur lequel l’auteur s’appuie pour son premier ouvrage en solo en 2025.

On n’oublie jamais vraiment son histoire. « C’est vu partout sur Facebook que les natifs d’Imady ont beaucoup d’argent, mais ce n’est pas vrai ! On essaie, et c’est pour cela que j’ai pris l’initiative de travailler », lance Mampita Iorenana, auteur de ce livre qui raconte l’histoire de Ramady. Ce personnage central est connu pour avoir creusé, d’un coup de pierre et de corde, un chemin d’eau — un acte perçu par les villageois comme une trahison, car la communauté devait le faire ensemble. Ramady n’était pas seulement force : il incarnait aussi l’initiative, l’acharnement et servait de modèle. Cette histoire, réinterprétée par Mampita Iorenana, introduit une série de faits mis en récit dans un storytelling haletant. Parfois, la plume de l’auteur donne l’impression de lire un roman, mais Imady : Ny fitiavana sy ny tantara n’en est pas un. Ou du moins, pas entièrement.

L’ouvrage se veut en partie le fruit d’une enquête sur le terrain. Mampita Iorenana est retourné fréquemment à Imady, sa commune natale.

« J’y allais chaque vendredi soir, après le travail, pour passer le week-end à visiter les lieux et à parler aux aînés », raconte-t-il. Ces discussions, appuyées par des lectures, étaient transcrites directement sur son ordinateur en revenant à Antananarivo le dimanche soir. Le projet s’est étalé sur 813 jours et a donné un livre de 110 pages, réparties en une quarantaine de chapitres qui explorent la culture, les valeurs, l’histoire et les coutumes de cette partie de l’Amoron’i Mania. On y trouve de tout : des histoires, des articles et — ici et là — des poèmes.

Pour l’anecdote, l’auteur a investi beaucoup de lui-même dans la collecte des informations pour Imady : Ny fitiavana sy ny tantara. Pour réaliser les interviews, Mampita Iorenana a payé les sarakantsaha (salaire journalier des paysans), ainsi qu’un peu de boisson pendant les entretiens. Pour l’édition des 207 exemplaires, il a financé lui-même l’impression, sans aucune aide. Les photos et illustrations du livre sont également de sa propre main. « J’aime ma terre natale. Mes tendres souvenirs d’enfance avec mon grand-père me rappellent d’y revenir et de faire tout mon possible pour faire connaître Imady au monde », explique-t-il. Et, alors que le livre vient à peine de sortir, Mampita Iorenana annonce déjà son projet de bande dessinée destinée aux plus jeunes, qui explorera encore une fois l’univers d’Imady.

Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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