Laureo Jimmy : L'art du custom
26 avril 2026 // Métiers & Petits Métiers // 2661 vues // Nc : 195

Une épave rouillée entre dans le garage. Une œuvre en sort. Ce n'est pas de la magie — c'est de la soudure, de l'intuition et beaucoup d'obstination.

Dans un atelier discret d'Ampasapito, Laureo Jimmy Andriatsalama transforme des machines oubliées en objets de caractère. La customisation de motos a ses grandes figures — les choppers nés dans le California des années 60, les cafés racers britanniques, la culture garage qui a traversé l'Atlantique et les décennies — et quelque part dans cette filiation, Laureo taille sa propre route. Tout commence par une image. En 2021, une moto customisée croise sa route. Le choc est visuel, presque électrique. « Wow, cette moto est vraiment stylée », se souvient-il. Le déclic est là. Pourtant, il faudra attendre 2024 pour que la passion devienne engagement total.

Depuis, il s'est imposé une ligne claire : redonner vie aux motos que l'on croyait condamnées. Épaves, modèles fatigués, carcasses anonymes deviennent la matière première de son imagination. « Leur donner une nouvelle vie, c'est ce qui me motive vraiment », dit-il avec conviction. Des KTM, Honda, Yamaha — entre ses mains, ces machines ordinaires deviennent des pièces uniques. Sa signature repose sur l'équilibre.

Chaque projet débute par un démontage complet : le cadre mis à nu, étudié, analysé, les proportions recalculées avant la moindre découpe. « On cherche l'équilibre, pas l'exagération », insiste-t-il. Pas de surcharge, pas d'esbroufe — la ligne doit rester fluide, cohérente, assumée. À mille lieues du baroque parfois tapageur qu'on voit défiler dans certains shows américains.

L'inspiration naît d'un dialogue. Avant toute intervention, Laureo écoute : style de vie, couleurs, sensations recherchées. Il explore ensuite des références visuelles internationales, compare les silhouettes de scrambler, chopper ou bobber, puis propose une vision adaptée. Mais les projets les plus stimulants restent ceux en carte blanche. « Quand on me laisse libre, je peux vraiment exprimer toutes mes idées », argumente-t-il. Dans ces moments, il imagine la moto terminée avant même d'allumer le poste à souder.

En 2025, sa participation au Distinguished Gentleman's Ride à Antananarivo marque un tournant. Ses créations roulent devant une communauté exigeante. « C'est une vitrine importante pour montrer notre travail », souligne l’artiste. Comptez environ deux semaines pour une transformation, toutes pièces disponibles. À partir de 2 000 000 ariary pour une base existante. Mais au-delà du coût, c'est l'idée d'appropriation qui séduit : chaque moto devient le reflet de son propriétaire. Paradoxalement, Laureo ne possède pas encore de moto custom.

Il se déplace en scooter, pendant qu'il façonne les rêves mécaniques des autres. Son ambition : ouvrir une boutique de pièces custom à Antananarivo. Dans une ville où les deux-roues sont omniprésents, une moto peut devenir une déclaration esthétique. Une signature en mouvement.

Lucas Rahajaniaina

Contact facebook : Laureo

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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