Zongo Bilaky : Ni blanc ni noir
1 novembre 2021 // Arts Plastiques // 7685 vues // Nc : 142

Il a commencé par la musique avec son groupe Maitso Nation (Nation Verte) en 2009 et se tourne depuis trois ans vers l’art plastique. Mais dans les deux disciplines, Zongo Bilaky suit la même ligne directrice : la protection de l’environnement. Un artiste engagé qui milite pour un monde plus vert et aspire à une société avec moins de discriminations. « J’ai choisi le nom Zongo (blanc) et Bilaky (noir) car je suis un être humain avant tout, doté d’un cœur et d’une âme. J’aimerai que les gens soient plus humains. »

En mars dernier, il a réalisé sa première exposition à l’Alliance française d’Antananarivo sur le thème « Humain, où vas-tu ? » avec trois autres artistes locaux. « Cette exposition avait pour objectif de sensibiliser les gens sur la pollution, les feux de brousse… C’était une combinaison de plusieurs médiums notamment la peintre, les vidéos et des installations. »

Dans son travail, Zongo Bilaky utilise différents matériaux dont la plupart sont recyclés : fils, tissus, CD, bouteilles… « Je les récupère ou je les achète à La Réunion Kely. Sinon, j’utilise de la peinture acrylique et à l’huile ainsi que du cuir qui m’est offert par un autre ami artiste, Jiary. Mon inspiration n’a pas de limites. Tout dépend de ce que je trouve. J’ai baptisé mon art, Art’Raoty du malgache ‘araraoty’ qui signifie ‘profiter’. C’est le moment de profiter et de se dépêcher d’apprécier les choses avant qu’il ne soit trop tard. »


Aina Zo Raberanto

Mpamosaka ny ho avy (Mpamosavy)
(Acrylique, à l’huile, tissu, fil recyclé)
1 m x 50 cm
Mpivoady (Mpivady)
(Acrylique, tissu, recyclage CD)
1 m x 65 cm
Reny Malala
(Cuir, acrylique, à l’huile, tissu recyclé)
1 m x 1 m
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Edito
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Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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