Ithuriel : La corde sensible
14 juin 2025 // Musique // 11431 vues // Nc : 185

Pour Ithuriel, la Gen Z n’en peut plus du mainstream qui matraque. Elle cherche du vrai, du personnel, du fait maison. Et c’est exactement ce qu’il offre à sa niche. Avec ses chansons qui sonnent comme des lectures publiques de journal intime ou une conversation, il incarne cette nouvelle génération d’artistes indés qui trouvent leur communauté grâce aux réseaux sociaux.

Lors de ses prestations avec Miaraka Vibes ou au Bamboo Lodge, Ithuriel se confie avec une petite histoire introductive avant chaque chanson. Chaque texte puise dans ses émotions brutes, ses lectures ou les confidences de ses amis proches. « Je chante les aléas de la vie… amours, amitiés, ruptures, confusions quand on a la vingtaine. Avec seulement un carnet et ma guitare, j’écris ce que je ressens », explique le jeune artiste, présentant son instrument plein d’autocollants, dont un petit poster de Taylor Swift et de Gracie Abrams juste entre la rosace et le chevalet, celui d’Olivia Rodrigo sur la table d’harmonie. Des artistes de ballades qui forment, avec Ithuriel, une génération qui porte la vulnérabilité en étendard.

Et tant pis si ce folk/bedroom pop sans filtre désarme certains. Ithuriel ne cherche pas à devenir une star. Il veut toucher juste, même si c’est chez peu de gens. Il vit pour les messages d’inconnus sur TikTok, les voix qui reprennent ses refrains en concert, les lueurs de lampes dans la foule, comme lors de sa performance au Hype Studio. « Pour moi, ce sont des amis. On vit les mêmes trucs. Par exemple, “Don’t Be a Stranger”, je l’ai écrite pour ce moment où tu te rends compte que tu deviens un étranger pour ceux que tu aimais. Beaucoup s’y sont reconnus », raconte le jeune homme. Même son video-lyrics (clip paroles) All the Bright Places, posté le 2 mai dernier sur YouTube, reste dans cette veine organique. Filmé pendant une simple promenade, il capte l’ambiance d’un quartier en marche, pour faire écho à une rupture amicale.

Comment explique-t-il ce renouveau des scènes indés qu’il fréquente ? Le confinement de 2020 a sans doute joué un rôle. Dans le calme forcé, les musiciens ont troqué les productions léchées contre des chansons dépouillées, honnêtes, qui parlent vrai. L’album Folklore de Taylor Swift, écrit en pleine pandémie, a d’ailleurs été un jalon clé. Il y a une revalorisation de la lenteur, de l’émotion brute et des sonorités acoustiques ; Ithuriel le sait. Cette nouvelle vague est portée par une envie d’indépendance, quand les réseaux sociaux offrent une plateforme à tout le monde. « Aujourd’hui, tu peux décider de tout : ce que tu racontes, comment tu le chantes, quand tu le sors. Tu n’es pas obligé d’attendre que quelqu’un valide », rappelle-t-il. « niche is the new mainstream », comme le disait Charli XCX ?

Mpihary Razafindrabezandrina

Réseaux sociaux : https://beacons.ai/ithuriel
https://soundcloud.com/ithuriel-37825811/stay?utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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