Honey of Madagascar : Pas piqué des abeilles
14 janvier 2026 // Gastronomie // 1966 vues // Nc : 192

À Madagascar, le miel reste l’un des produits locaux les plus consommés. Depuis cinq ans, Honey of Madagascar en produit environ 265 tonnes par an, issues de 15 variétés, grâce au travail de 700 apiculteurs répartis sur l’ensemble de l’île. À la tête de cette entreprise, Rarivo Ravoatra veille autant à la qualité gustative qu’au respect des exigences du marché.

Qu’est-ce qui fait la différence du miel malgache ?
Le goût du miel vient directement de la fleur butinée par l’abeille. À l’Est, nous avons le litchi ; à Anjepy Manjakandriana, l’eucalyptus et le niaouli ; à Mahanoro, la mangue ; à Mahajanga, la mangrove. Chaque terroir donne une identité particulière. Nous travaillons aussi avec des défenseurs de l’environnement, ce qui nous a permis de développer le miel de Lalona à Tsiroanomandidy. Madagascar a un énorme avantage grâce à sa forêt d’arbres fruitiers et naturels. Cela dit, en zone tropicale, l’humidité est notre principal défi. Le miel peut atteindre 22 %, alors que la norme internationale est à 18 %. Même à faible taux, des microbes peuvent se développer une fois le bocal ouvert. C’est pourquoi il faut bien le refermer.

Qu’en est-il du traitement et de l’analyse du produit, notamment après l’embargo levé en 2011 ?
Nous utilisons une technique inspirée des plantes médicinales, avec une extraction à très basse température sous vide. Le miel ne peut ni être chauffé ni traité à l’alcool. L’humidité est retirée sans modifier la structure du produit. L’embargo était lié à des pratiques frauduleuses : ajout d’eau ou de sucre, présence d’antibiotiques ou de pesticides. Aujourd’hui, des vétérinaires officiels contrôlent les abeilles et le miel. Le produit est ensuite analysé par l’Institut Pasteur et l’agence de contrôle sanitaire, avant une contre-analyse à l’étranger pour l’exportation.

Quelles sont les petites choses essentielles à savoir sur le miel ?
Il ne faut jamais chauffer ni cuire le miel : des molécules cancérigènes peuvent se former. C’est un produit qui se consomme cru, et avec modération. Un bon miel est dense. La cristallisation du miel de litchi est normale ; nous la stoppons par brassage, ce qui lui donne son aspect crémeux. Les miels de mangrove, de palissandre et de cactus sont très rares à l’international. Madagascar ne possède qu’une seule espèce d’abeille, l’Apis mellifera unicolor, aujourd’hui menacée par la déforestation, les feux et le changement climatique. Cela impacte directement la production. Nous travaillons avec les ministères et les bailleurs pour produire des semences à planter, bénéfiques à la fois pour les abeilles et les communautés locales.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Honey of Madagascar
Contact : +261 34 16 706 54

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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