À Madagascar, le miel reste l’un des produits locaux les plus consommés. Depuis cinq ans, Honey of Madagascar en produit environ 265 tonnes par an, issues de 15 variétés, grâce au travail de 700 apiculteurs répartis sur l’ensemble de l’île. À la tête de cette entreprise, Rarivo Ravoatra veille autant à la qualité gustative qu’au respect des exigences du marché.


Qu’est-ce qui fait la différence du miel malgache ?
Le goût du miel vient directement de la fleur butinée par l’abeille. À l’Est, nous avons le litchi ; à Anjepy Manjakandriana, l’eucalyptus et le niaouli ; à Mahanoro, la mangue ; à Mahajanga, la mangrove. Chaque terroir donne une identité particulière. Nous travaillons aussi avec des défenseurs de l’environnement, ce qui nous a permis de développer le miel de Lalona à Tsiroanomandidy. Madagascar a un énorme avantage grâce à sa forêt d’arbres fruitiers et naturels. Cela dit, en zone tropicale, l’humidité est notre principal défi. Le miel peut atteindre 22 %, alors que la norme internationale est à 18 %. Même à faible taux, des microbes peuvent se développer une fois le bocal ouvert. C’est pourquoi il faut bien le refermer.
Qu’en est-il du traitement et de l’analyse du produit, notamment après l’embargo levé en 2011 ?
Nous utilisons une technique inspirée des plantes médicinales, avec une extraction à très basse température sous vide. Le miel ne peut ni être chauffé ni traité à l’alcool. L’humidité est retirée sans modifier la structure du produit. L’embargo était lié à des pratiques frauduleuses : ajout d’eau ou de sucre, présence d’antibiotiques ou de pesticides. Aujourd’hui, des vétérinaires officiels contrôlent les abeilles et le miel. Le produit est ensuite analysé par l’Institut Pasteur et l’agence de contrôle sanitaire, avant une contre-analyse à l’étranger pour l’exportation.
Quelles sont les petites choses essentielles à savoir sur le miel ?
Il ne faut jamais chauffer ni cuire le miel : des molécules cancérigènes peuvent se former. C’est un produit qui se consomme cru, et avec modération. Un bon miel est dense. La cristallisation du miel de litchi est normale ; nous la stoppons par brassage, ce qui lui donne son aspect crémeux. Les miels de mangrove, de palissandre et de cactus sont très rares à l’international. Madagascar ne possède qu’une seule espèce d’abeille, l’Apis mellifera unicolor, aujourd’hui menacée par la déforestation, les feux et le changement climatique. Cela impacte directement la production. Nous travaillons avec les ministères et les bailleurs pour produire des semences à planter, bénéfiques à la fois pour les abeilles et les communautés locales.
Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
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