Glad Touch : Chauve qui peut
3 mars 2026 // Beauté & Bien être // 4478 vues // Nc : 194

On croit perdre ses cheveux comme on perd ses illusions : un matin, sans prévenir. Puis un jour, quelqu’un vous parle de greffons, de zone donneuse, de densité retrouvée. À Madagascar, l’implantation capillaire n’est plus un voyage lointain. Elle s’installe — discrètement, médicalement.

Glad Touch est né en décembre 2020, en pleine période de Covid-19. Un pari presque à contre-courant. Sa fondatrice, Gladys Andrianonenana, a toujours évolué dans le monde de la coiffure. Mais ici, il ne s’agit plus seulement de brushing ou de coloration.

« Je suis coiffeuse tricologue, spécialiste de la santé du cuir chevelu. J’ai suivi, avec mon équipe, une formation en implantation capillaire à l’île Maurice. Mais je ne réalise pas d’opérations. Ce sont des médecins, assistés d’infirmiers, qui pratiquent ces interventions », précise-t-elle, rappelant que l’implantation capillaire n’est pas un simple acte esthétique, mais une technique médicale. Elle peut être pratiquée par un médecin généraliste formé à la chirurgie capillaire — pas par n’importe qui, ni dans n’importe quelles conditions.

Tout commence par une consultation préalable. Le médecin examine l’état du cuir chevelu, prescrit des analyses sanguines et dépiste d’éventuels troubles hormonaux. « Nous cherchons à comprendre pourquoi le patient perd ses cheveux. S’il existe un problème de santé, l’intervention ne peut pas être réalisée », explique Gladys. La chute capillaire peut avoir diverses causes : cycle de vie du cheveu arrivé à terme, stress, carences en calcium, magnésium ou zinc… « Nous classons l’état du cuir chevelu de degré 1 à 7. L’implantation ne doit pas être envisagée avant le 4e degré », précise la fondatrice de Glad Touch.

Parfois, la chirurgie n’est même pas nécessaire. Un traitement par PRP — plasma riche en plaquettes — peut suffire. Le sang du patient est prélevé, ses composants sont séparés, puis le plasma est injecté dans le cuir chevelu. « Nous n’avons recours à l’implantation qu’à un stade très avancé », insiste-t-elle. L’éthique médicale, ici, n’est pas un simple argument.

Lorsque l’intervention s’impose, elle consiste à prélever des greffons — des unités folliculaires comprenant cheveux ou poils et leurs racines — afin de les réimplanter sur la zone dégarnie. Les greffons proviennent du patient lui-même, généralement de la zone donneuse située entre les tempes et la nuque. « C’est la partie où les cheveux persistent, même lorsque le front et le sommet du crâne se dégarnissent », explique-t-elle. Si nécessaire, des prélèvements peuvent être effectués sur la barbe, la poitrine ou les aisselles. « Mais jamais sur une autre personne. C’est médicalement impossible », souligne Gladys Andrianonenana.

Les patients ont entre 25 et 60 ans, majoritairement des hommes. « Nous n’avons accueilli qu’une femme, pour une réimplantation de sourcils. Beaucoup d’hommes consultent pour la barbe ou la moustache », indique-t-elle. L’implantation ne concerne pas uniquement les personnes chauves : certains recherchent davantage de densité, d’autres souhaitent corriger un front jugé trop large.

Deux à trois mois après l’intervention, les cheveux implantés tombent — une phase normale — avant de laisser place à la repousse. Entre cinq et douze mois, la densité augmente progressivement. « En principe, le résultat est définitif… à condition que la personne conserve un bon état de santé », précise la coiffeuse tricologue.

Auparavant, les Malgaches devaient se rendre à Maurice ou en Turquie pour bénéficier de ce type d’intervention. « L’implantation nécessite un suivi régulier. Les patients doivent consulter plusieurs fois après l’opération. Pouvoir le faire dans le pays constitue une véritable solution », souligne-t-elle.

Le coût débute à partir de 7 500 000 ariary, hors traitements préalables et suivi post-opératoire. La fondatrice de Glad Touch estime toutefois ce tarif compétitif au regard des prix pratiqués dans la région et à l’international, d’autant que le patient n’a plus à financer billet d’avion et hébergement.

Perdre ses cheveux n’est pas seulement une affaire d’image. C’est parfois une question de confiance — de rapport à soi. À Madagascar, l’implantation capillaire ouvre désormais une possibilité. Chercher des solutions à la calvitie et à l’alopécie n’est plus… une peine perdue.

Solofo Ranaivo

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