Faranirina Rajaonah : Elle raconte des histoires
11 mars 2026 // Littérature // 1405 vues // Nc : 194

En février, la professeure Faranirina Rajaonah, historienne, a présenté le livre « Madagascar, une approche de l'Histoire par les documents » au Musée de la photographie Anjohy. Cet ouvrage aux éditions Hémisphères ouvre l'Histoire à tout passionné ou intéressé dans un format accessible, presque tangible.

Coécrit par Sylvie Andriamihamina-Ravoniharoson, Philippe Beaujard, Nicolas Pesle, Didier Nativel, Samuel F. Sanchez et Faranirina Rajaonah elle-même, avec la collaboration de spécialistes comme Bako Rasoarifetra, Chantal Radimilahy ou Claude Randriamihaingo pour des sujets précis, l'ouvrage propose une approche moins lisible et plus visible de l'Histoire de l'île. « L'ambition a été de ne pas restreindre le public aux spécialistes et de produire un ouvrage susceptible d'intéresser tout curieux de l'Histoire de l'île et de mettre en valeur les matériaux d'une narration historique. » Le titre même renvoie aux archives, aux documents ou artéfacts éparpillés partout dans le monde, de la Chine à la France ou à la Réunion, réunis par ce groupe de spécialistes, historiens, archéologues ou encore anthropologues. Faisant suite au livre « Madagascar, la construction d'une nation » publié en 2022, l'ouvrage sur les documents offre des détails laissés de côté dans la synthèse du premier livre.

Du peuplement et des réseaux d'échanges au Madagascar contemporain, en passant par la période de formation des entités politiques ou ethnies, royale et coloniale, le livre se divise en six chapitres. Il retrace par des photographies, des photos de trouvailles archéologiques, des extraits de discours de grandes personnalités comme la reine Ranavalona Ière ou Ratsiraka, une partie du roman « Mitaraina ny tany » ou même une caricature de l'illustrateur POV, aussi bien les classiques que les détails peu médiatisés de l'Histoire. Faranirina Rajaonah explique, dans sa présentation, un choix porté sur des archives et documents accessibles au public. L'experte insiste toutefois sur « l'importance d'une politique de conservation et de préservation des archives : une grande partie de la mémoire d'une nation est en péril. » L'enseignante se réfère là au bâtiment des archives à Tsaralalàna, menacé d'inondations alors même que des documents fragiles et uniques s'y retrouvent.

Parlant du Madagascar contemporain, Faranirina Rajaonah explique : « Nous avons essayé de ne pas sombrer dans le pessimisme, avec des aspects positifs mais connus. » C'est ainsi que le livre explore notamment des paragraphes proposés par Claude Randriamihaingo sur la production de cinéastes malgaches malgré les difficultés. Dans ce sens, le livre reste intemporel, d'autant qu'il s'aligne au contexte malgache actuel. « Ce livre sorti des presses alors que les jeunes manifestaient en descendant d'Ambohitsaina en chantant « Ramiaramila » montre que nous ne sommes pas loin de la vérité », explique-t-elle. L'extrait de la chanson de Mahaleo, ainsi que quelques explications sur la fameuse « Ampitapitao amin'ny namako any » s'y retrouvent, de quoi rendre indispensables ces quelque 272 pages.

Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Michael : L’avant-première validée

Lire

25 avril 2026

Michael : L’avant-première validée

La salle du Cinépax à Ambodivona affichait complet, vendredi soir, pour l’avant-première du film Michael. Avant même que les lumières ne s'éteignent,...

Edito
no comment - Notre janvier à nous

Lire le magazine

Notre janvier à nous

Il y a quelque chose d'assez beau dans l'idée de commencer l'année en mars. Quand le reste du monde a déjà oublié ses résolutions de janvier, nous, nous prenons le temps — celui du calendrier lunaire, celui des ancêtres. Ce n'est pas du retard. C'est une autre façon de mesurer le temps.
Cette année, quelque chose a changé. Ou plutôt : quelque chose est en train de revenir. De plus en plus de Malgaches — jeunes surtout, ce qui n'est pas anodin — se retournent vers leurs racines, cherchent à comprendre ce que signifie réellement l'Alahamadibe, posent des questions que leurs parents n'avaient pas forcément posées. Cette prise de conscience mérite qu'on s'y arrête. On ne peut avancer qu'en sachant d'où l'on vient. C'est vrai pour les individus.
C'est vrai pour les peuples. Alors, en ce début d’année en plein mois de mars, permettez-nous de vous adresser nos voeux les plus sincères. Mitomboa hasina — que votre valeur sacrée grandisse. Samia tsara, samia soa — que tous soient en bonne santé, que tous aillent bien. Que cette nouvelle année soit plus lumineuse que la précédente, plus douce, plus féconde. Que ceux qui cherchent leurs racines les trouvent — et qu'ils y puisent, non pas une nostalgie stérile, mais une force tranquille pour aller de l'avant. Taombaovao 2026. Une page blanche. À vous de l'écrire.

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir