Eklyps : Surdoué du rap
2 août 2021 // Musique // 13549 vues // Nc : 139

Son rap « conscientisé » donne à réfléchir, mais sait aussi ambiancer quand il le faut. Révélé au concours international « End of the Weak », il doit participer cette année à un important projet de compilation de rap africain. Sa carrière n’est décidément pas à éclipse.

On le retrouve souvent au côté d’Epistolier, un des rappeurs les plus influents de sa génération. C’est grâce à lui, entre autres, qu’Eklyps s’est lancé dans le milieu du rap malgache, il y a maintenant sept ans. « On se connaît depuis les bancs de l’école. À la fac, Epistolier avait son groupe Les 12 Apôtres. Il m’a demandé d’enregistrer en studio avec lui et nous avons créé le duo connu d’abord sous le nom de Steve et Tsiry, nos prénoms. » Même si les deux amis aiment toujours se retrouver sur scène, ils ont décidé de se lancer chacun dans une carrière solo. Rappeur engagé, Eklyps chante les réalités sociales avec un franc-parler qui parfois dérange, mais qu’il juge nécessaire. Un rap dit « conscient » ou conscientisé, un rap qui peut faire bouger les choses, faire réfléchir.

Ses textes dénoncent l’injustice, les discriminations, les inégalités sociales avec néanmoins des choses plus « ambiancées » où son flow envoûtant fait mouche. Eklyps a été à bonne école, bercé depuis toujours par les légendes du rap malgache, Bigga Tovo, Da Hopp, Karnaz, Dio-XVI… « Au début, j’écoutais beaucoup de rap abstrait, métaphysique comme on dit ici, jusqu’à ce que je découvre l’album Ara Malagasy de Bigga Tovo en 2015, qui m’a ramené à des choses beaucoup plus concrètes, au quotidien que nous vivons. » Il est membre du label Kolotsaina Mainty (Culture Noire), créé par Bigga Tovo dans le but d’accompagner les artistes « blacks » et de mettre en valeur leur musique.

Sélectionné au concours End of the Weak (EOW), une compétition internationale de MC (maîtres de cérémonie), Eklyps sait qu’il faut sans cesse évoluer et apprendre pour atteindre ses objectifs. Sans aller dans la facilité consistant télécharger des instrus sur le net. Raison pour laquelle il collabore avec des beatmakers malgaches pour habiller ses textes. « Je fais souvent appel à Yagamy et Kalidas. Il est vital pour nous de soutenir la production locale. » Fruit de son travail, Eklyps a été appelé par le producteur africain Zaïbosprod pour représenter Madagascar sur le projet de compilation de rap africain Lafrap’s Griots Project 2021.

Pour le moment, il prépare la sortie de son premier EP (Extended Play) composé de sept titres baptisé Eclipse, tout simplement. « Il définit qui je suis. J’adore la nuit, les sorties mais j’aime également étudier. J’aborde également le point de vue de mes parents qui ne sont pas pour que je fasse du rap. Je veux leur prouver qu’ils ont tort. » D’autres projets se profilent également, la préparation d’un premier album et des featurings (participations) notamment avec une rappeuse malgache bien connue.


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Lire

8 mai 2026

FIM 2026 : Madagascar en mouvement

Le CCI Ivato a ouvert ses portes hier pour la 27e édition de la Foire internationale de Madagascar. Le thème choisi — « Madagascar en mouvement : les...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir