Eklyps : Surdoué du rap
2 août 2021 // Musique // 11663 vues // Nc : 139

Son rap « conscientisé » donne à réfléchir, mais sait aussi ambiancer quand il le faut. Révélé au concours international « End of the Weak », il doit participer cette année à un important projet de compilation de rap africain. Sa carrière n’est décidément pas à éclipse.

On le retrouve souvent au côté d’Epistolier, un des rappeurs les plus influents de sa génération. C’est grâce à lui, entre autres, qu’Eklyps s’est lancé dans le milieu du rap malgache, il y a maintenant sept ans. « On se connaît depuis les bancs de l’école. À la fac, Epistolier avait son groupe Les 12 Apôtres. Il m’a demandé d’enregistrer en studio avec lui et nous avons créé le duo connu d’abord sous le nom de Steve et Tsiry, nos prénoms. » Même si les deux amis aiment toujours se retrouver sur scène, ils ont décidé de se lancer chacun dans une carrière solo. Rappeur engagé, Eklyps chante les réalités sociales avec un franc-parler qui parfois dérange, mais qu’il juge nécessaire. Un rap dit « conscient » ou conscientisé, un rap qui peut faire bouger les choses, faire réfléchir.

Ses textes dénoncent l’injustice, les discriminations, les inégalités sociales avec néanmoins des choses plus « ambiancées » où son flow envoûtant fait mouche. Eklyps a été à bonne école, bercé depuis toujours par les légendes du rap malgache, Bigga Tovo, Da Hopp, Karnaz, Dio-XVI… « Au début, j’écoutais beaucoup de rap abstrait, métaphysique comme on dit ici, jusqu’à ce que je découvre l’album Ara Malagasy de Bigga Tovo en 2015, qui m’a ramené à des choses beaucoup plus concrètes, au quotidien que nous vivons. » Il est membre du label Kolotsaina Mainty (Culture Noire), créé par Bigga Tovo dans le but d’accompagner les artistes « blacks » et de mettre en valeur leur musique.

Sélectionné au concours End of the Weak (EOW), une compétition internationale de MC (maîtres de cérémonie), Eklyps sait qu’il faut sans cesse évoluer et apprendre pour atteindre ses objectifs. Sans aller dans la facilité consistant télécharger des instrus sur le net. Raison pour laquelle il collabore avec des beatmakers malgaches pour habiller ses textes. « Je fais souvent appel à Yagamy et Kalidas. Il est vital pour nous de soutenir la production locale. » Fruit de son travail, Eklyps a été appelé par le producteur africain Zaïbosprod pour représenter Madagascar sur le projet de compilation de rap africain Lafrap’s Griots Project 2021.

Pour le moment, il prépare la sortie de son premier EP (Extended Play) composé de sept titres baptisé Eclipse, tout simplement. « Il définit qui je suis. J’adore la nuit, les sorties mais j’aime également étudier. J’aborde également le point de vue de mes parents qui ne sont pas pour que je fasse du rap. Je veux leur prouver qu’ils ont tort. » D’autres projets se profilent également, la préparation d’un premier album et des featurings (participations) notamment avec une rappeuse malgache bien connue.


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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