Eklyps : Surdoué du rap
2 août 2021 // Musique // 10455 vues // Nc : 139

Son rap « conscientisé » donne à réfléchir, mais sait aussi ambiancer quand il le faut. Révélé au concours international « End of the Weak », il doit participer cette année à un important projet de compilation de rap africain. Sa carrière n’est décidément pas à éclipse.

On le retrouve souvent au côté d’Epistolier, un des rappeurs les plus influents de sa génération. C’est grâce à lui, entre autres, qu’Eklyps s’est lancé dans le milieu du rap malgache, il y a maintenant sept ans. « On se connaît depuis les bancs de l’école. À la fac, Epistolier avait son groupe Les 12 Apôtres. Il m’a demandé d’enregistrer en studio avec lui et nous avons créé le duo connu d’abord sous le nom de Steve et Tsiry, nos prénoms. » Même si les deux amis aiment toujours se retrouver sur scène, ils ont décidé de se lancer chacun dans une carrière solo. Rappeur engagé, Eklyps chante les réalités sociales avec un franc-parler qui parfois dérange, mais qu’il juge nécessaire. Un rap dit « conscient » ou conscientisé, un rap qui peut faire bouger les choses, faire réfléchir.

Ses textes dénoncent l’injustice, les discriminations, les inégalités sociales avec néanmoins des choses plus « ambiancées » où son flow envoûtant fait mouche. Eklyps a été à bonne école, bercé depuis toujours par les légendes du rap malgache, Bigga Tovo, Da Hopp, Karnaz, Dio-XVI… « Au début, j’écoutais beaucoup de rap abstrait, métaphysique comme on dit ici, jusqu’à ce que je découvre l’album Ara Malagasy de Bigga Tovo en 2015, qui m’a ramené à des choses beaucoup plus concrètes, au quotidien que nous vivons. » Il est membre du label Kolotsaina Mainty (Culture Noire), créé par Bigga Tovo dans le but d’accompagner les artistes « blacks » et de mettre en valeur leur musique.

Sélectionné au concours End of the Weak (EOW), une compétition internationale de MC (maîtres de cérémonie), Eklyps sait qu’il faut sans cesse évoluer et apprendre pour atteindre ses objectifs. Sans aller dans la facilité consistant télécharger des instrus sur le net. Raison pour laquelle il collabore avec des beatmakers malgaches pour habiller ses textes. « Je fais souvent appel à Yagamy et Kalidas. Il est vital pour nous de soutenir la production locale. » Fruit de son travail, Eklyps a été appelé par le producteur africain Zaïbosprod pour représenter Madagascar sur le projet de compilation de rap africain Lafrap’s Griots Project 2021.

Pour le moment, il prépare la sortie de son premier EP (Extended Play) composé de sept titres baptisé Eclipse, tout simplement. « Il définit qui je suis. J’adore la nuit, les sorties mais j’aime également étudier. J’aborde également le point de vue de mes parents qui ne sont pas pour que je fasse du rap. Je veux leur prouver qu’ils ont tort. » D’autres projets se profilent également, la préparation d’un premier album et des featurings (participations) notamment avec une rappeuse malgache bien connue.


Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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