« Ilay voa » Prenons-en de la graine
3 décembre 2020 // Cinéma // 5536 vues // Nc : 131

Le court-métrage « Ilay voa » (La Graine) a été réalisé dans le cadre du programme d’Aide à la création d’art numérique de l’association La Teinturerie, financé par African Culture Fund (ACF). Un film de sensibilisation à la protection de l’environnement sur le mode fantastique.

L’environnement, une cause que le cinéaste Rado Andriamanisa a déjà cherché à défendre avec « Reboisons notre avenir » (2019), en collaboration avec l’ONG Graine de vie. « Ilay voa » (10 mn, 2020) raconte l’histoire d’une graine de plante endémique malgache qui confère des pouvoirs particuliers.  « On dit que lorsqu’une personne consomme cette graine, son âme peut être transportée vers un autre corps », explique le réalisateur. La graine permet également de régner sur la nature. Elle est détenue par des hommes sages qui vivent en parfaite harmonie avec l’environnement et qui l’utilisent lors des rituels de demande de bénédiction aux Vazimba (les premiers habitants de l’île) et aux Ancêtres.

Un soir, cependant, ils sont attaqués en plein rituel par un groupe de « dahalo » (bandits de grand chemin), déterminé à s’emparer de la graine. La scène de l’attaque bénéficie d’une réalisation magistrale digne des scénographies brookiennes dans lesquelles rien n’est laissé au hasard sur « l’espace vide ». Elle résulte de la collaboration harmonieuse entre le cinéaste et les membres de l’équipe technique du film qui ont apporté leur contribution respective.

Les acteurs jouent de manière convaincante en  montrant la violence et le désordre induits par la situation. Razafiarivony Andriatianarivelo a conçu des costumes qui reconstituent très bien l’époque de l’histoire , le XIXème siècle. Taka, Hery Zo, Éric et Jedidia ont eux également contribué à la reconstitution historique au niveau du décor et des accessoires. Steevie « Artfeed » Rasoanaivo et Weedy Masindraoka ont quant à eux conçu des effets spéciaux et des images de synthèse de toute beauté : des coulées de sang, des tombées de foudre, un symbole ésotérique en forme de spirale ainsi que le vol d’un papillon endémique. La musique tribale mêlant percussions et battements de cœur renforce l’atmosphère menaçante de la scène. 

Le film éveille notre conscience écologique à partir du moment où la graine finit par tomber entre les mains d’un « dahalo » nommé Rabefantsy. Que peut-on attendre d’un brigand régnant sur la nature ? Rabefantsy nous renvoie à notre propre image d’homme surexploitant et saccageant l’environnement. Et c’est là que la seconde signification du titre du film intervient car « Ilay voa », littéralement « La graine », peut également se traduire par « La victime ». L’homme finira lui-même par être victime des destructions qu’il inflige à la nature dont il est tributaire.  

« Ilay voa » a fait l’objet d’une restitution qui s’est tenue le 16 octobre 2020 à la Teinturerie Ampasanimalo. D’après Rado Andriamanisa, le film n’est que l’aperçu d’un projet de long métrage nécessitant une aide à la production. Une cagnotte pour une opération de crowdfunding (financement participatif) sera à ouverte pour ce « work in progress » qui mérite amplement d’être soutenu.

Propos recueillis par Aina Randrianatoandro
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

Lire

23 janvier 2026

Sports : UTOP arrive à sa 17e édition

L’Ultra Trail des Hauts Plateaux (UTOP) fera son grand retour du 1ᵉʳ au 3 mai 2026 pour une 17ᵉ édition qui s’annonce particulièrement dense. Après av...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Making of shooting mode – Janvier 2026 – NC 192

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition janvier 2026 - NC 192
Prise de vue : La Teinturerie Ampasanimalo 
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir