Calumma hofreiteri : Un nouveau nez dans la famille
15 février 2026 // Nature // 95 vues // Nc : 193

Retrouvé dans le massif de Sorata, au cœur du corridor forestier Marojejy–Anjanaharibe Sud–Tsaratanàna (COMATSA Nord) en début d’année, le Calumma hofreiteri vient s’ajouter à la centaine d’espèces de caméléons recensées à Madagascar, île déjà considérée comme l’un des plus grands sanctuaires mondiaux pour ces reptiles fascinants.

Entre 2020 et 2025, le Calumma hofreiteri a longtemps été confondu avec le Calumma nasutum, tant leurs traits morphologiques semblaient similaires. Une erreur compréhensible, tant le groupe « nasutum » est réputé pour ses variations subtiles, parfois trompeuses à l’œil nu. Ce n’est qu’en 2025 qu’une étude fondée sur des données génomiques, issues d’ADN ancien et d’ADN historique, a permis de lever le doute. Selon Madcham.de, portail allemand de référence consacré aux caméléons de Madagascar, cet animal mesure entre 8,9 et 9,3 centimètres. Le Calumma hofreiteri, comme son proche parent, appartient au groupe des caméléons au nez mou. Mais il s’en distingue par plusieurs détails déterminants : chez le mâle, une crête dorsale bien marquée et un appendice nasal rond et élastique, dépassant 1,5 mm, mais plus court et plus compact que celui du Calumma nasutum.

Le Dr Frank Glaw, premier auteur de l’étude et membre du Bavarian State Collections of Natural History (SNSB), résume la découverte dans une interview accordée à SciTechDaily : « Les analyses génétiques sont concluantes : les caméléons nasaux ont pratiquement trompé les recherches précédentes. » Une révélation qui rappelle combien la biodiversité malgache reste encore largement à explorer. Dans la même dynamique, l’étude évoque également le célèbre « caméléon Pinocchio », décrit il y a plus de 150 ans et lui aussi longtemps confondu avec une autre espèce.

Le Calumma hofreiteri trouve généralement refuge autour du parc national d’Andasibe-Mantadia, notamment dans les zones protégées de Mitsinjo ou de Maromizaha–Vohidrazana, au sud de Moramanga, ainsi que dans un fragment forestier près de Tarzanville et dans la forêt tropicale d’Anosibe-Anala. Sa présence a également été confirmée dans les forêts montagneuses de la région Sava, au sein de ce vaste couloir forestier reliant la réserve naturelle intégrale de Tsaratanàna, le parc national de Marojejy et la réserve spéciale d’Anjanaharibe Sud.

Un territoire précieux, mais fragile. Le World Wide Fund for Nature (WWF) alerte sur l’urgence de renforcer la protection de ces forêts, aujourd’hui menacées par les feux de brousse, l’exploitation forestière, la collecte incontrôlée de produits naturels, la chasse et l’activité minière. Gestionnaire de l’aire protégée, l’organisation rappelle que le site abrite une richesse exceptionnelle : 24 espèces de reptiles et au moins 480 espèces animales et végétales, dont 281 endémiques. Parmi elles, le plus petit caméléon du monde, le Brookesia nana, symbole discret mais puissant de cette biodiversité unique.

Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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