Anjara Rakotozafiarison : Provocateur à six cordes
4 octobre 2026 // Musique // 78 vues // Nc : 201

Les mélomanes, et surtout les amateurs de jazz, de blues de rock, connaissent bien Anjara Rakotozafiarison. Ce guitariste accompli s'est forgé une réputation solide sur les scènes malgaches, au fil de collaborations et de projets qui ont dessiné un profil atypique. Ce que beaucoup ignorent, c'est que tout a commencé par une blague.

« Si je porte ce nom, je dois travailler énormément. » La phrase dit tout. En 2019, Anjara poste sur Facebook une publication pensée comme une provocation — il s'autoproclame MGDM, Meilleur Guitariste de Madagascar, et pousse l'ironie jusqu'à demander au couple présidentiel de lui acheter une guitare au nom de la culture. Certains rient, d'autres prennent le titre au pied de la lettre. Anjara, lui, a senti quelque chose basculer — la blague est devenue une obligation. Le pseudonyme a imposé son propre niveau, et l'autodidacte s'est mis à la hauteur du personnage qu'il avait créé. La provocation s'est muée en discipline.

L'histoire commence pourtant bien avant ça, dans la discrétion d'une chambre familiale. Vers 12 ans, une guitare traîne à la maison. Un grand frère mélomane, quelques DVD de grands artistes — le scénario semble presque trop ordinaire. Anjara observe, absorbe, apprend seul, sans professeur. Il entre dans la musique par le blues, glisse vers le jazz, et laisse les deux s'imprégner dans son jeu comme deux couleurs qui se mélangent sans jamais tout à fait fusionner. Le déclic professionnel arrive en juin 2016 au Jazz Tohatohabato. Il ne jouait pas encore officiellement. « Je suivais mon frère, je regardais seulement ce qu'il faisait. » Puis vient La Grande Île Guitares Talents — demi-finale, finale, victoire. À la clé, une Stratocaster signature Jimi Hendrix, toujours dans l'arsenal. Edgar Ravahatra l'installe ensuite dans le circuit, les projets avec ATM et Bolo s'enchaînent, les collaborations avec Reko, Shyn et d'autres viennent compléter le tableau.

Musicalement, Anjara résiste à toute case. Chez les rockeurs, trop jazz. Chez les jazzmen, trop rock. Il revendique cet entre-deux, nourri de rock, de métal, de jazz et de sonorités malgaches — une palette de riffs et de voicings qui brouille les pistes et construit une signature propre. Le ba-gasy, en revanche, reste un terrain qui ne lui parle pas naturellement. Derrière l'assurance du personnage, il y a des nuits de fatigue, des concerts joués sur les réserves, et un premier salaire de musicien englouti dans une pédale de distorsion. Blague à part.

Lucas Rahajaniaina

Contact : Téléphone / WhatsApp : +261 34 58 010 88
E-mail : arakotozafiarison@gmail.com
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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