Ampela Art and Bakery : C’est de la bonne tarte
3 février 2026 // Gastronomie // 3195 vues // Nc : 193

Le couple Saranto et Nantenaina Fifaliana aime explorer. Ils se partagent vie, recettes, passion et une grande cuisine à Mandroseza, qui leur sert de laboratoire depuis 2024. Ampela Art and Bakery est en elle-même une expérience culinaire, un terrain de jeu où la curiosité mène la danse.

Une envie de feuilleté ravitoto et tsa-tsiu, ou d’une tarte courgette chocolat ? La grimace arrive parfois, surtout quand la courgette n’est pas dans nos favoris. Et pourtant, c’est précisément ce réflexe que Saranto et Fifaliana aiment bousculer. « Il y a toujours des appréhensions, mais l’idée est d’accepter, de s’éloigner de l’habituel pour enrichir nos goûts et les possibilités », expliquent-ils. Ici, on cuisine comme dans un laboratoire de chimie : pas de tubes à essai, mais des couteaux, un rouleau, des carnets de notes et beaucoup de patience. Les phases de recherche et développement peuvent durer plusieurs mois. « Nous découvrons les ingrédients en voyageant et par curiosité. Ils se trouvent souvent dans des endroits improbables », confie Saranto. Pas de secret, seulement deux passions : voyager et goûter.

Le duo déterre ainsi l’inconnu. Riz noir, hazomanga, écorce d’anis chez les vendeurs de raokandro, oviala pour un ube local. Déjà connus sur les réseaux sociaux sous les noms de Spice Daddy et Btchoven, ils assument leurs essais peu conventionnels. « Notre démarche en cuisine, c’est de développer les ingrédients et d’influencer les gens pour qu’ils les utilisent à leur tour », lance Fifaliana. À Ampela Art and Bakery, Saranto explore les mariages fruits-légumes, comme la chayote en pâtisserie. Fifaliana, lui, travaille les viandes peu habituelles, parfois jugées « pas nobles ». Le best-seller reste le feuilleté ravitoto et tsa-tsiu, dont la douceur naturelle remplace le sucre souvent ajouté au ravitoto. Et dans la catégorie des alliances audacieuses : look’s et tripes, hen’omby ritra au fromage en tourtes. Même les déchets ont droit à une seconde vie : l’épluchure de mangue devient thé glacé, celle de l’ananas se transforme en tepache.

À Mandroseza, pas de décor instagrammable classique. Le lieu est une grande cuisine vivante, ponctuée de bocaux d’épices, de rhums arrangés surmontant des piles de livres de cuisine, et d’un petit potager d’aromates à l’extérieur. « On voulait une expérience immersive, que les clients voient comment c’est préparé, l’hygiène, la technique », explique Saranto. En ligne de mire : des pains signatures, un guide d’ingrédients, de nouveaux événements culinaires et, bientôt, un vrai café. « Nous voulons rehausser la culture culinaire », résume Fifaliana. Ici, chaque déclinaison a sa technique, chaque geste son goût. Il ne reste plus qu’à explorer.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Ampela Art and Bakery
Contact : +261 38 29 797 30

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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