Vazantany : Hors des sentiers battus
6 juillet 2025 // Sortir // 5126 vues // Nc : 186

Qui ne s’est jamais demandé, en consultant une carte, ce qu’il y a entre les routes tracées ? Pour Njato Mathias et sa communauté de randonneurs, la seule façon de le savoir, c’est d’y aller. Ils expérimentent tout ce à quoi on s’attend (ou pas) sur des kilomètres choisis par pure curiosité.

Vazantany, c’est une réprimande ?
Nous étions juste un groupe de jeunes qui voulait sortir, mais les voyages organisés coûtaient trop cher. Alors on a décidé de le faire avec nos propres moyens. On a commencé par visiter les 12 collines sacrées, pour prendre des photos. En novembre 2022, on a voulu donner un nom à notre initiative : d’abord Lavatongotra, un clin d’œil aux réprimandes d’enfants, mais dans un sens constructif.

Finalement, on a opté pour Vazantany, parce que notre but, c’est de découvrir Madagascar avant d’aller voir ailleurs. C’est non lucratif, ouvert à tous : chacun paie ses frais, et nous, on s’occupe de l’organisation, en bus puis à pied. Avec le temps, on a même appris à tracer des itinéraires où on ne revient pas au point de départ, comme récemment, où on est partis d’Ambatomirahavavy pour finir à Vontovorona.

Cela donne quoi sur la route ?
Il faut s’attendre aux imprévus ! Une fois, on voulait aller à Kaloy sans savoir où c’était. On a marché des heures avec des infos floues, on s’est perdus, on a fini par reporter. La deuxième tentative, on est arrivés trop tard à Sadabe à cause de l’état de la route. Pas de sac de couchage, plus de taxi-brousse, on a dormi dans un village après avoir demandé de l’aide aux gendarmes. Avec Vazantany, on repère un minimum, mais on improvise beaucoup. On parle aux gens, on marche, on dort là où on peut.

Pour relier Mantasoa à Tsiazompaniry, on a marché trois jours, dormi au bord du lac, avec juste quelques papiers pour passer les barrages. On est aussi partis plusieurs fois avec des gens de plus de 40 ans, mais on apprend ensemble, et chacun avance à son rythme.

Et la communauté ?
Dans l’esprit de l’émission J’irai dormir chez vous, on a approché le chef fokontany de Tsarafandry. On avait prévu un petit budget, on a partagé un repas avec un habitant, et passé la soirée à écouter les récits sur l’expropriation des rizières à cause de la future autoroute. C’est ça aussi Vazantany : au-delà des kilomètres, ce sont les échanges humains qui comptent. Le groupe Facebook permet à chacun de rejoindre l’aventure ; on y partage les infos sur les lieux, les dates, les dépenses. On est entre 4 et 13 selon les sorties, mais toujours dans un esprit de partage et d’entraide.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Groupe Facebook : VAZANTANY

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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