Vazantany : Hors des sentiers battus
6 juillet 2025 // Sortir // 4631 vues // Nc : 186

Qui ne s’est jamais demandé, en consultant une carte, ce qu’il y a entre les routes tracées ? Pour Njato Mathias et sa communauté de randonneurs, la seule façon de le savoir, c’est d’y aller. Ils expérimentent tout ce à quoi on s’attend (ou pas) sur des kilomètres choisis par pure curiosité.

Vazantany, c’est une réprimande ?
Nous étions juste un groupe de jeunes qui voulait sortir, mais les voyages organisés coûtaient trop cher. Alors on a décidé de le faire avec nos propres moyens. On a commencé par visiter les 12 collines sacrées, pour prendre des photos. En novembre 2022, on a voulu donner un nom à notre initiative : d’abord Lavatongotra, un clin d’œil aux réprimandes d’enfants, mais dans un sens constructif.

Finalement, on a opté pour Vazantany, parce que notre but, c’est de découvrir Madagascar avant d’aller voir ailleurs. C’est non lucratif, ouvert à tous : chacun paie ses frais, et nous, on s’occupe de l’organisation, en bus puis à pied. Avec le temps, on a même appris à tracer des itinéraires où on ne revient pas au point de départ, comme récemment, où on est partis d’Ambatomirahavavy pour finir à Vontovorona.

Cela donne quoi sur la route ?
Il faut s’attendre aux imprévus ! Une fois, on voulait aller à Kaloy sans savoir où c’était. On a marché des heures avec des infos floues, on s’est perdus, on a fini par reporter. La deuxième tentative, on est arrivés trop tard à Sadabe à cause de l’état de la route. Pas de sac de couchage, plus de taxi-brousse, on a dormi dans un village après avoir demandé de l’aide aux gendarmes. Avec Vazantany, on repère un minimum, mais on improvise beaucoup. On parle aux gens, on marche, on dort là où on peut.

Pour relier Mantasoa à Tsiazompaniry, on a marché trois jours, dormi au bord du lac, avec juste quelques papiers pour passer les barrages. On est aussi partis plusieurs fois avec des gens de plus de 40 ans, mais on apprend ensemble, et chacun avance à son rythme.

Et la communauté ?
Dans l’esprit de l’émission J’irai dormir chez vous, on a approché le chef fokontany de Tsarafandry. On avait prévu un petit budget, on a partagé un repas avec un habitant, et passé la soirée à écouter les récits sur l’expropriation des rizières à cause de la future autoroute. C’est ça aussi Vazantany : au-delà des kilomètres, ce sont les échanges humains qui comptent. Le groupe Facebook permet à chacun de rejoindre l’aventure ; on y partage les infos sur les lieux, les dates, les dépenses. On est entre 4 et 13 selon les sorties, mais toujours dans un esprit de partage et d’entraide.

Propos recueillis par Mpihary Razafindrabezandrina

Groupe Facebook : VAZANTANY

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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