« Tiako hitoetra » : « Dolce Vita » tananarivienne
4 mai 2022 // Cinéma // 5394 vues // Nc : 148

Sorti en DVD le 7 avril dernier, « Tiako hitoetra » est une histoire d’amour qui reflète à merveille les trépidations d’une certaine jeunesse tananarivienne. Amours, disputes et fêtes arrosées, tout y est !

Tiako hitoetra (1 h 25, 2022), produit par Craft Film Madagascar et réalisé par Mamy Ranto, s’ouvre avec une scène de conflit qui oppose trois jeunes : Andhy, Karen et Luc. Ce dernier est en colère car il surprend sa copine Karen en train de flirter avec Andhy dans un restaurant. Luc accuse Andhy de lui avoir piqué sa meuf. Andhy reproche à Karen de lui avoir caché qu’elle était déjà en couple avec Luc. À l’issue de cette dispute, la rupture est consommée entre les trois, non sans laisser une profonde rancœur, surtout chez Luc. Le jeune cinéaste Mamy Ranto, qui est aussi le scénariste, excelle dans la narration de ces scènes conflictuelles

Après avoir rompu avec Karen, Andhy tombe amoureux de Kezia, une étudiante en première année de gestion, comme lui.  Toute histoire d’amour comporte une force antagoniste qui peut séparer le couple, ici elle est incarnée par Luc qui s’avère être le grand frère de Kezia et par Roger, leur père, brillamment campé par Rakotofiringa Roland dit Ratrema.

L’attention se cristallise désormais sur une question : Andhy et Kezia vont-ils parvenir à préserver leur amour malgré cette opposition ?

Malgré d’indéniables qualités, le scénario comporte quelques incohérences : vers la fin du film, un événement tombe comme un cheveu sur la soupe, car aucun élément antérieur n’explique qu’il survienne ! Tiako hitoetra bénéficie cependant d’une réalisation simple et efficace. La bande originale composée de chansons anglophones suggère la vie occidentalisée des jeunes Tananariviens. Une jeunesse dont le côté hédoniste est illustré dans le film par le goût des fêtes arrosées avec prise de drogue sous forme de pilules. Le film est déjà en vente sur le marché.


Aina Randrianatoandro
Association des critiques cinématographiques de Madagascar (ACCM)

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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