Tantely Orion : Un docker devenu développeur web
19 août 2023 // Success Story // 2932 vues // Nc : 163

En quelques mois, Herindrainy Tantely Andrianambinina, dit Tantely Orion, est passé de la manutention de marchandises à la manipulation de JavaScript. Depuis, les entreprises étrangères s’arrachent ses prestations en développement, et des coaches en développement personnel le brandissent comme un exemple. Son parcours peut faire penser à celui d’un jeune transfuge de classe tout droit sorti d’un roman de Charles Dickens, une ascension pavée avec détermination.

Titulaire d’un baccalauréat littéraire (série A1), rien ne prédestinait Tantely Orion à s’orienter dans le développement web, mais la crise sanitaire l’a obligé à se remettre en cause et à renouer avec sa passion primaire, l’informatique. « J’ai voulu décrocher un baccalauréat scientifique, mais suite au décès de mon père, je n’avais pas le mental pour y arriver. Puis, j’ai suivi des études de sciences sociales à l’université de Fianarantsoa, mais la crise sanitaire a déréglé le déroulement des cours et je me suis dit que cette filière ne me convenait pas. Et comme j’ai déjà appris des notions d’informatique au lycée, je me suis reconverti en génie logiciel. » Dès lors, il s’est mis en route pour la Capitale sans attendre la réouverture des routes nationales, dans l’espoir de bénéficier d’une formation digne de ce nom. « Là-bas, j’étais orpailleur, mais c’est un métier sans avenir, car le saphir, c’est une question de hasard. Alors j’ai dû quitter la campagne, ce qui était assez bizarre, car nous étions en plein confinement, et comme nous n’avions pas les moyens, nous avons marché jusqu’à Antananarivo. »

Il a voulu poursuivre des études en informatique au CNTEMAD, un vœu qui tourne court à cause de problèmes financiers. Pour se relever après ce coup dur, Tantely Orion a trouvé le moyen d’apprendre autrement. « Je suis devenu docker, j’ai dormi dans la rue. Mais en même temps, je continuais à apprendre dans les cybers et en fréquentant des communautés à chaque fois que j’en avais l’occasion. J’ai même appris la programmation sur le papier, je pratiquais sans ordinateur ni Android. Ensuite, je suis devenu livreur de produits de beauté pour une boutique en ligne, je gagnais à peine 100 000 Ariary mais au moins, j’avais un toit et de quoi manger. J’ai pu continuer à être autodidacte dans le développement web, j’ai réussi à m’organiser entre les livraisons. »

Au moment d’entrer dans le monde professionnel du haut de ses 23 ans et de ses compétences acquises tout seul, les entreprises locales lui ont fermé la porte au nez. « A Madagascar, la plupart des recruteurs considèrent les diplômes et non le professionnalisme. À ce niveau-là, je suis perdant, mais côté expérience, je peux concourir avec un ingénieur. J’ai beaucoup d’expérience, mais pas de diplôme, par contre, j’ai beaucoup de clients en tant que freelance. J’ai utilisé mes acquis sans attendre d’être un professionnel, parce que pour moi, le savoir-faire doit être capitalisé et ne pas rester à l’état de simples connaissances. » Dans les faits, Tantely Orion avoue qu’il n’a rien à envier aux employés des grandes boîtes, même si son humilité ne dévoile pas combien il gagne, les progrès du jeune homme laissent entendre qu’il a laissé les mauvais jours derrière lui. Moins d’un an après avoir soulevé des marchandises, Tantely Orion se présente aujourd’hui comme une étoile montante à suivre de près. « Je travaille sur des applications en phase d’essai, dont une dédiée aux artistes émergents. J’ai aussi la vision de créer une boîte de développement web et Android, dans cinq ou six ans, et je sais déjà comment elle va s’appeler : Digitapia. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Tantely Orion : +261 32 72 585 83

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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