Tantely Orion : Un docker devenu développeur web
19 août 2023 // Success Story // 3648 vues // Nc : 163

En quelques mois, Herindrainy Tantely Andrianambinina, dit Tantely Orion, est passé de la manutention de marchandises à la manipulation de JavaScript. Depuis, les entreprises étrangères s’arrachent ses prestations en développement, et des coaches en développement personnel le brandissent comme un exemple. Son parcours peut faire penser à celui d’un jeune transfuge de classe tout droit sorti d’un roman de Charles Dickens, une ascension pavée avec détermination.

Titulaire d’un baccalauréat littéraire (série A1), rien ne prédestinait Tantely Orion à s’orienter dans le développement web, mais la crise sanitaire l’a obligé à se remettre en cause et à renouer avec sa passion primaire, l’informatique. « J’ai voulu décrocher un baccalauréat scientifique, mais suite au décès de mon père, je n’avais pas le mental pour y arriver. Puis, j’ai suivi des études de sciences sociales à l’université de Fianarantsoa, mais la crise sanitaire a déréglé le déroulement des cours et je me suis dit que cette filière ne me convenait pas. Et comme j’ai déjà appris des notions d’informatique au lycée, je me suis reconverti en génie logiciel. » Dès lors, il s’est mis en route pour la Capitale sans attendre la réouverture des routes nationales, dans l’espoir de bénéficier d’une formation digne de ce nom. « Là-bas, j’étais orpailleur, mais c’est un métier sans avenir, car le saphir, c’est une question de hasard. Alors j’ai dû quitter la campagne, ce qui était assez bizarre, car nous étions en plein confinement, et comme nous n’avions pas les moyens, nous avons marché jusqu’à Antananarivo. »

Il a voulu poursuivre des études en informatique au CNTEMAD, un vœu qui tourne court à cause de problèmes financiers. Pour se relever après ce coup dur, Tantely Orion a trouvé le moyen d’apprendre autrement. « Je suis devenu docker, j’ai dormi dans la rue. Mais en même temps, je continuais à apprendre dans les cybers et en fréquentant des communautés à chaque fois que j’en avais l’occasion. J’ai même appris la programmation sur le papier, je pratiquais sans ordinateur ni Android. Ensuite, je suis devenu livreur de produits de beauté pour une boutique en ligne, je gagnais à peine 100 000 Ariary mais au moins, j’avais un toit et de quoi manger. J’ai pu continuer à être autodidacte dans le développement web, j’ai réussi à m’organiser entre les livraisons. »

Au moment d’entrer dans le monde professionnel du haut de ses 23 ans et de ses compétences acquises tout seul, les entreprises locales lui ont fermé la porte au nez. « A Madagascar, la plupart des recruteurs considèrent les diplômes et non le professionnalisme. À ce niveau-là, je suis perdant, mais côté expérience, je peux concourir avec un ingénieur. J’ai beaucoup d’expérience, mais pas de diplôme, par contre, j’ai beaucoup de clients en tant que freelance. J’ai utilisé mes acquis sans attendre d’être un professionnel, parce que pour moi, le savoir-faire doit être capitalisé et ne pas rester à l’état de simples connaissances. » Dans les faits, Tantely Orion avoue qu’il n’a rien à envier aux employés des grandes boîtes, même si son humilité ne dévoile pas combien il gagne, les progrès du jeune homme laissent entendre qu’il a laissé les mauvais jours derrière lui. Moins d’un an après avoir soulevé des marchandises, Tantely Orion se présente aujourd’hui comme une étoile montante à suivre de près. « Je travaille sur des applications en phase d’essai, dont une dédiée aux artistes émergents. J’ai aussi la vision de créer une boîte de développement web et Android, dans cinq ou six ans, et je sais déjà comment elle va s’appeler : Digitapia. »

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Tantely Orion : +261 32 72 585 83

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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