Sandy Ravahimanana : Le sens de la danse
4 juin 2022 // Arts de la scène // 5265 vues // Nc : 149

Sandy Ravahimanana a été façonnée par le monde du hip hop. De passage à Madagascar, elle en a profité pour dispenser des cours de danse au sein du studio de la danseuse et chorégraphe Belly Sid à Analamahitsy.

Sandy Ravahimanana a basculé dans le monde de la danse urbaine il y a une quinzaine d’années après avoir débuté dans la danse classique. « Ma mère faisait de la danse classique. J’ai pris des cours pendant cinq ans avant de tomber amoureuse du hip hop grâce à un spectacle que j’ai vu. J’ai intégré le K’Art Academy et la Compagnie Ry Mialy, j’y suis restée pendant 10 ans. Dans cette école, j’ai pu découvrir plusieurs disciplines, la house, le hip hop, le ragga, la danse contemporaine… »

Arrivée en France, elle crée GasyMellow, un groupe de dix filles réunit pour l’amour de la danse, partageant leurs vidéos sur les réseaux sociaux. Mais Sandy est obligée de s’arrêter pour continuer ses études en psychologie – rebelle c’est bien, mais bouffer c’est mieux ? Les années passent, elle devient maman et c’est le déclic. Son corps change, elle se remet en question pour finalement reprendre la danse. Elle décide de suivre une formation de deux ans au sein du studio MRG à Ivry-sur-Seine, une école de danse spécialisées en dance hall, house et hip hop. « Je connaissais déjà cette école même quand j’étais à Madagascar. C’est une des expériences qui m’a marqué à vie parce que je me suis redécouverte en tant que danseuse, et surtout en tant que femme. Fatou Tera et Pilate Beljour, les deux fondateurs de cette école m’ont donné beaucoup de conseils, encore aujourd’hui. »

Grâce à sa persévérance, Sandy se construit son univers, entre collaborations, liberté et création. Elle aime raconter des histoires. Pour elle, la danse a pour but de transmettre un message mais aussi de dénoncer… « Comme le dit Pilate Beljour, les plus belles œuvres de danse sont celles qui ont du sens pour les gens. Et je suis très sensible à ça ! Mon imagination fuse quand je suis allongée. Un peu comme en psychologie, ce qu’on appelle l’association libre. » Ses chorégraphies partent toujours d’un ressenti à partir d’une musique, d’une conversation, d’un tableau ou d’un film. « Comme tout artiste, durant le confinement, il n’y avait plus de scènes, plus de spectacles. Les danseurs ne pouvaient rien faire. Je voulais raconter cela à travers une petite pièce chorégraphique que je partage toujours sur les réseaux sociaux. »

La danse est un milieu où il n’y a presque pas de discrimination de genre, de sexe, « une richesse qu’il faut exploiter », dit-elle. Ses études en psychologie lui ont permis d’avoir une autre vision du monde, notamment en ce qui concerne les artistes. « Ce sont des personnes particulières, parfois difficiles à comprendre car souvent individualistes. Mais la psychologie m’a appris à savoir écouter, communiquer et surtout comprendre les gens. » Elle multiplie les collaborations, notamment avec la chorégraphe et danseuse internationale Sonia Soupha durant l’événement de hip hop Next Urban Legend.

Actuellement, Sandy fait partie d’une comédie musicale Independent Queen produit par Standing Medias qui illustre l’indépendance de la femme, une fusion entre l’univers traditionnel et le futur où les femmes dominent. « Mais mon plus grand rêve serait d’avoir une équipe de trente personnes et de créer des pièces chorégraphiques. » Bref, uniquement si le hip hop vous intéresse…


Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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