Bini : Ça slam en anglais !
21 décembre 2024 // Arts de la scène // 6592 vues // Nc : 179

You ain’t ready for this ! Le Slam National XV (SNXV), cette année, accueille un invité spécial : le fondateur du mouvement slam, Marc Smith. Et Bini Josoa, responsable des projets internationaux de l’association Madagaslam s’est dit : pourquoi ne pas en profiter pour développer le slam en anglais. Des activités pendant le festival, des rencontres, des ateliers, énormément de projets pour donner de la voix et bien sûr… in English please !

Plus de mots, de langues : plus de possibilités. Déclamer en anglais, pourquoi pas ? Bini Josoa, à l’accueil du fondateur du slam à Madagascar, Marc Smith, s’ouvre sur ce projet qu’il a pris le temps de mâcher. « Depuis quelques années, j’essaye de créer des foyers slam en anglais, parce que j’aime bien les langues et m’amuser avec les mots. Et sa pratique ouvre de nouvelles portes. » Pour les amoureux de la langue, comme les timides, les programmes du Madagaslam viennent redonner confiance. « Ça fait plusieurs années que l’idée germe dans ma tête, mais je manquais de confiance parce que moi-même, je ne suis pas très bon en anglais. » Il n’y a pas de panique, parce que Bini et son équipe préparent des rencontres ici et là avec les structures anglophones à Antananarivo et les slameurs du pays à l’occasion de l’annuel festival international de slam SNXV. Et pour ajouter à tout cela, Marc Smith, le fondateur, marque une immersion dans l’expérience Green Mill. Bini explique : « À Chicago, en 1986, il a lancé une scène slam dans un bar qui s’appelle Green Mill (le Moulin Vert). Et pour le festival, l’idée est de vivre l’expérience « Green Mill », son ambiance, le slam original qu’on transpose ici, qu’il anime et où il fait participer le public. » Une immersion dans un monde qui lie les mots et la poésie malgache et anglaise.

Du slam en anglais, c’est aussi un renouveau. « Je suis membre fondateur du Madagaslam – l’association a été créée en 2007 – et le slam est arrivé à Madagascar via le Centre Culturel Albert Camus, aujourd’hui Institut Français de Madagascar. Il a commencé à se développer à Antananarivo, puis dans tout Madagascar via les réseaux francophones. » Les langues française et malgache se sont développées. Et petit à petit, l’anglais se créé son chemin. « C’est vraiment une nouvelle étape. Un slameur est passé au lycée Itaosy, qui sera un des partenaires, grâce à leur club d’anglais. On commence au niveau régional, à Antananarivo, pendant le slam national, en sensibilisant les représentants des régions sur l’idée, et eux, à leur tour, vont approcher des partenaires pour l’initier. Bien sûr, un concours de slam national anglophone est envisagé. »

À l’occasion du festival cette année, Bini et l’équipe de Madagaslam travaillent avec l’Ambassade des Etats-Unis et les structures anglophones de la capitale, dont le club d’art oratoire Tsingy Toastmasters Club, le Centre National d’Enseignement de la Langue Anglaise (CNELA) ou l’association des enseignants de la langue anglaise à Madagascar. Garder le fil, c’est l’idée ! Et c’est pour cela que l’association prévoit des ateliers pour parler de cet art et de son apport, comment animer une scène, des rencontres et une scène ouverte. Et là, le slam se rapproche de tous les cœurs, comme la langue. Cela a commencé du 28 novembre au 4 décembre à Antsirabe et à Antananarivo pour le fameux SNXV. Et après, qui sait… des opportunités, sûrement, à ne plus compter, parce que l’idée, c’est de déclamer partout dans le monde !

Rova Andriantsileferintsoa

Numéro : 0341237788 (Misstik, Madagaslam)
Facebook : Madagaslam

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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