Joaly Andriamasinoro : Du public à la scène !
13 octobre 2024 // Arts de la scène // 6377 vues // Nc : 177

En septembre dernier, Joaly Andriamasinoro a marqué les esprits au Festival du rire Jôkôsô, 4e édition. Avec son humour incisif et son style unique, cette nouvelle voix du stand-up malgache prouve qu'elle est prête à conquérir la scène, un éclat de rire à la fois.

Le stand-up, un art oratoire ?
Oui, c’est avant tout un art oratoire. Le terme inclut le verbe « to stand », qui signifie se tenir debout. Cela implique que lorsqu'on se tient devant un public, on a quelque chose à dire. Mon objectif n’est pas simplement de faire entendre ma voix, mais d’embarquer le public dans ma bulle, tout en entrant dans la leur. C’est un échange, une interaction. On part ensemble pour un voyage où l’on découvre plein de choses en chemin. Mon public d'aujourd'hui ne sera pas forcément celui de demain ; ce qui les fait rire aujourd'hui peut ne plus les toucher demain s'ils ont déjà entendu le même texte. Ainsi, je transmets un message tout en faisant rire. Autant rire de tout, mais pourquoi ne pas aussi véhiculer des messages ? Voilà mon objectif.

« Autant rire de tout, mais pourquoi ne pas aussi véhiculer des messages ? »

Parle-nous un peu de tes débuts ?
J’ai toujours adoré l’humour, le théâtre, et je suis aussi une grande cinéphile. Le déclic est venu après le bac, quand j’ai commencé à regarder beaucoup de spectacles de stand-up. Je fais partie de cette génération qui écoutait des cassettes de Rabetsara et regardait des vidéos de Gad Elmaleh sur DVD. En 2023, j’ai découvert les stand-up malgaches. J’ai discuté avec Raytra Belaw’Yck et d’autres humoristes expérimentés, qui m’ont encouragée à monter sur scène pour voir où cela me mènerait. Tout s’est enchaîné très vite, mais j’ai su m’adapter. Je me souviens encore de ma première scène au CGM (Cercle Germano-Malagasy) : je n’ai pas réussi à faire rire, mais le public a été réceptif. En plus d’être humoriste, je suis mentor dans une école.

Et la préparation avant de monter sur scène ?
Il est essentiel que ce que l’on fait soit vivant. L’improvisation est inévitable, car il se passe toujours quelque chose avec le public. Même en étant en mode monologue, il y a une interaction. Cela dit, la préparation reste cruciale. L’improvisation ne mène pas toujours là où on le souhaiterait, d’où l’importance d’être bien préparé. Avant tout, j’écris, un peu comme du journaling. Je structure mes procédés humoristiques, avec une introduction, un corps, et j'ai appris tout ça au fil du temps grâce aux échanges avec d’autres humoristes malgaches.

Mes stand-ups sont en français, mais j’aimerais bien parler en malgache ou dans d’autres langues. Cependant, cela demande encore beaucoup de travail, bien plus que ce que l’on peut imaginer.

L'évolution du stand-up à Madagascar ?
Je débute encore dans ce monde et j'ai un long chemin à parcourir, mais avant de monter sur scène, j'étais dans le public, et c’est là que tout se joue. Je pense que le stand-up évolue à Madagascar. Ça avance doucement, mais on constate une vraie croissance avec la multiplication des événements de stand-up comédie club. Le véritable défi reste à faire comprendre aux gens ce qu’est réellement un stand-up. On est habitué à associer l’humour avec des accessoires et des déguisements. Or, le stand-up, c’est tout l’inverse : c’est toi, un micro, sans artifices. C’est cette distinction qu’il faut faire connaître au public.

Les thèmes que tu abordes ?
Le mal-être de la jeunesse est un thème récurrent pour moi. J'en parle souvent parce que, quelque part, on reste toujours jeune, même si certains ont dépassé l’âge. Les cœurs meurtris, la vie quotidienne des jeunes, ce sont des sujets qui me parlent. Je ne m’enferme pas dans une seule thématique, j’aime tout explorer. L'essentiel, c'est d'y laisser sa propre signature. Je suis encore dans une phase d'entraînement, où des fois, je monte sur scène pour tester le public. C’est un apprentissage difficile, mais c'est aussi nécessaire pour progresser.

Des projets ?
Tout d'abord, je me définis comme une « humoriste clandestine » : j’aime m’exposer sans vraiment être exposée. Autrement dit, je fais acte de présence, mais je n’ai pas besoin d’être constamment visible ou sous les projecteurs. Quand on est sur scène, on dévoile une partie de soi, mais le public ne sait jamais vraiment si on a vécu ce qu’on raconte ou non. C'est le message qui importe le plus, pas le rôle qu’on joue. Pour le futur, je m'attends à des surprises, même si paradoxalement, je déteste ça. J’adore le monde de l’humour et du stand-up, et j’aimerais m’y accrocher autant que possible, car c’est un univers vraiment merveilleux !

Propos recueillis par Cédric Ramandiamanana

Facebook : Joaly Andriamasinoro
+261340477484

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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