Passerelles Numériques : Le pari de l'inclusion par le code
12 avril 2026 // Assos // 4334 vues // Nc : 195

À Madagascar, des milliers de jeunes bacheliers n'ont jamais touché un ordinateur. Depuis 2022, l'association Passerelles Numériques leur ouvre une porte — étroite, exigeante, mais réelle — vers le secteur le plus porteur de l'économie mondiale.

Une salle. Des écrans. Des jeunes appliqués qui, il y a quelques mois encore, n'avaient jamais posé les mains sur un clavier. Nancy Tatiana Fenohasina, bachelière venue d'Ambatondrazaka, est l'une d'eux. « Il est vrai que c'est différent de ce que nous avons appris au lycée, mais ça passe grâce aux enseignants et aussi en y mettant un peu du sien, en faisant des recherches », confie-t-elle avec une tranquillité qui dit beaucoup sur le chemin déjà parcouru. Le contexte est que, selon la Banque mondiale, le secteur des services informatiques a connu une croissance deux fois plus rapide que le reste de l'économie mondiale, avec un rythme de création d'emplois six fois supérieur. Des chiffres que Passerelles Numériques a pris au sérieux — peut-être plus tôt que beaucoup d'autres. Depuis 2022, l'association sélectionne de jeunes défavorisés issus des 18 régions de la Grande Île pour les former et les insérer dans ce secteur en pleine expansion.

La sélection ne se fait pas à la légère. Critères de vulnérabilité, entretiens, visites à domicile — on ne rentre pas chez Passerelles Numériques par hasard. Nancy Tatiana a été choisie parmi une cinquantaine de candidats, après une sensibilisation organisée dans son lycée. « Nous sensibilisons et formons les jeunes dans l'objectif de leur permettre une insertion professionnelle dans le milieu du numérique, tout en répondant à un besoin criant de compétences dans le secteur », explique Lanto Rakotoandriana, directeur pays de l'association. Ce qui attend les sélectionnés : quatre années de formation, logement inclus. Dix mois d'année préparatoire d'abord — une remise à niveau jugée indispensable. « Le baccalauréat n'est plus forcément garant d'une bonne qualité d'étude », dit Lanto Rakotoandriana, sans détour. Puis vient l'introduction au numérique, un stage, et enfin l'intégration dans une université partenaire jusqu'à la licence, scolarité toujours couverte. « Nous découvrons le milieu avant d'aller à l'université », résume Nancy Tatiana. Une logique inversée par rapport au cursus classique — et visiblement plus efficace.

La dimension humaine n'est pas sacrifiée sur l'autel du technique. « Nous ne faisons pas que des formations techniques, nous renforçons aussi les soft skills et les compétences humaines au quotidien », insiste le directeur. Certains élèves, rappelle-t-il, vivent loin de leurs proches pour la première fois. L'accompagnement se prolonge jusqu'à six mois après l'obtention du diplôme. Le financement, lui, reste un point de vigilance. « Nos soutiens viennent principalement d'entités externes comme l'Agence française de développement, mais nous aspirons à un financement local et restons ouverts à toute collaboration », confie Rakotoandriana. Le vrai défi, désormais, est de convaincre les entreprises malgaches de s'intéresser à ces jeunes-là. Ils ont, eux, toutes les cartes en main.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Passerelles Numériques Madagasikara
Contact : lanto.rakotoandriana@passerellesnumeriques.org /
safidy.ramarosonina@passerellesnumeriques.org

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Lire

5 octobre 2026

Evénement : Vide-Grenier by ViD'EO séduit le public

Nirina Poiron, co-fondatrice de ViD'EO — plateforme malgache de vente et d'achat d'articles de seconde main entre particuliers, inspirée du modèle Vin...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199

Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026
La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.

Focus

Salon de l'auto 2026

Salon de l'auto 2026 au CCI Ivato

no comment - Salon de l'auto 2026

Voir