Génération Cœur et Conscience : Quand les jeunes deviennent porteurs des valeurs universelles
19 juin 2024 // Assos // 5054 vues // Nc : 173

Depuis les années 2000, Diego Suarez est devenu tristement célèbre à cause du phénomène « foroche », des groupes de jeunes violents qui sèment la terreur en ville. Un problème qui n’est que la pointe de l’iceberg, face au chômage, la pauvreté et les tensions sociales. Alors, depuis 2006, l’association Cœur et Conscience œuvre pour donner une chance aux enfants et aux jeunes qui n’ont pas de perspectives dans la vie. Retour sur 18 ans de promotion de valeurs humaines universelles et d’actions, avec Bénédicte Theret, la coordinatrice adjointe.

Bénédicte Theret lors du discours d’ouverture du spectacle de restitution des ateliers sur la paix au sein du quartier des mineurs de la maison centrale de Diego Suarez.

Ici, les jeunes ne se font pas aider passivement, l’association leur fournit les outils pour qu’ils deviennent eux-mêmes promoteurs des valeurs humaines comme la paix, l’amour, la tolérance, la solidarité, le respect, l’honnêteté, l’égalité, l’intégrité. Concrètement, les 91 jeunes Malagasy qui sont membres apprennent ces valeurs et les transmettent en même temps grâce à des actions visibles et qui profitent à la société. Parmi ces actions porteuses de valeurs, ils ont nettoyé le bazar kely en collaboration avec la Commune Urbaine de Diego Suarez, visité et échangé avec les orphelins de la Maison d’Arnaud, et participé à des rencontres sportives mixtes, entre filles et garçons, et entre personnes valides et vivant avec un handicap.

Si on peut qualifier cela d’actions préventives, l’association ne s’arrête pas là, mais approche également les mineurs incarcérés, suite à un partenariat avec l’ONG Grandir Dignement. « De juin 2023 à mars 2024, les jeunes Génération se sont rendues chaque premier samedi du mois au quartier mineur de la prison de la ville pour participer à des ateliers sur la paix. Ensemble, ils ont défini la paix, identifié les acteurs de paix, appris à reconnaître et identifié ses émotions et celles des autres ; puis ont travaillé sur les problématiques auxquelles sont confrontés les jeunes et les conséquences qu’elles peuvent avoir ». Résultat : les jeunes ont pu s’exprimer sur cette expérience de huit mois à travers un spectacle composé de textes de slam, de poésie, et des chansons écrites par eux-mêmes. La restitution de cet atelier le 2 mars dernier au quartier mineur de la prison a donné lieu à un moment riche en émotion.

Atelier sur la paix au sein du quartier des mineurs de la maison centrale de Diego Suarez.

Toujours dans cette optique d’attention particulière portée sur les jeunes les plus vulnérables, la Génération Cœur et Conscience a un projet qui part de la situation des femmes pour lutter contre les formes de discrimination. Le projet « Laissons les femmes réaliser leur plein potentiel » part des discriminations subies par les femmes à cause de leurs menstruations. « Les jeunes Génération ont exposé des photos en grand format sur les défis auxquels sont confrontées les femmes, invitant le spectateur à réfléchir et se questionner sur le regard qu’il pose sur ce phénomène qui touche 300 millions de femmes chaque jour. » En plus de s’adresser à un problème féminin, à travers ce projet, les jeunes revendiquent aussi les valeurs humaines universelles comme la nécessité de lutter contre les discriminations. « En plus de l’exposition, la Génération Cœur et Conscience a réalisé des collages aux mots impactant pour marquer leur engagement dans les quartiers. » Pour poursuivre leur mission, l’association compte présenter le travail réalisé auprès des mineurs incarcérés avec leurs parties prenantes, pour changer davantage de mentalités.

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Site : www.coeuretconscience.org
Photos : Cœur & Conscience / David Hubert Rakotomalala

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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