Génération Cœur et Conscience : Quand les jeunes deviennent porteurs des valeurs universelles
19 juin 2024 // Assos // 7792 vues // Nc : 173

Depuis les années 2000, Diego Suarez est devenu tristement célèbre à cause du phénomène « foroche », des groupes de jeunes violents qui sèment la terreur en ville. Un problème qui n’est que la pointe de l’iceberg, face au chômage, la pauvreté et les tensions sociales. Alors, depuis 2006, l’association Cœur et Conscience œuvre pour donner une chance aux enfants et aux jeunes qui n’ont pas de perspectives dans la vie. Retour sur 18 ans de promotion de valeurs humaines universelles et d’actions, avec Bénédicte Theret, la coordinatrice adjointe.

Bénédicte Theret lors du discours d’ouverture du spectacle de restitution des ateliers sur la paix au sein du quartier des mineurs de la maison centrale de Diego Suarez.

Ici, les jeunes ne se font pas aider passivement, l’association leur fournit les outils pour qu’ils deviennent eux-mêmes promoteurs des valeurs humaines comme la paix, l’amour, la tolérance, la solidarité, le respect, l’honnêteté, l’égalité, l’intégrité. Concrètement, les 91 jeunes Malagasy qui sont membres apprennent ces valeurs et les transmettent en même temps grâce à des actions visibles et qui profitent à la société. Parmi ces actions porteuses de valeurs, ils ont nettoyé le bazar kely en collaboration avec la Commune Urbaine de Diego Suarez, visité et échangé avec les orphelins de la Maison d’Arnaud, et participé à des rencontres sportives mixtes, entre filles et garçons, et entre personnes valides et vivant avec un handicap.

Si on peut qualifier cela d’actions préventives, l’association ne s’arrête pas là, mais approche également les mineurs incarcérés, suite à un partenariat avec l’ONG Grandir Dignement. « De juin 2023 à mars 2024, les jeunes Génération se sont rendues chaque premier samedi du mois au quartier mineur de la prison de la ville pour participer à des ateliers sur la paix. Ensemble, ils ont défini la paix, identifié les acteurs de paix, appris à reconnaître et identifié ses émotions et celles des autres ; puis ont travaillé sur les problématiques auxquelles sont confrontés les jeunes et les conséquences qu’elles peuvent avoir ». Résultat : les jeunes ont pu s’exprimer sur cette expérience de huit mois à travers un spectacle composé de textes de slam, de poésie, et des chansons écrites par eux-mêmes. La restitution de cet atelier le 2 mars dernier au quartier mineur de la prison a donné lieu à un moment riche en émotion.

Atelier sur la paix au sein du quartier des mineurs de la maison centrale de Diego Suarez.

Toujours dans cette optique d’attention particulière portée sur les jeunes les plus vulnérables, la Génération Cœur et Conscience a un projet qui part de la situation des femmes pour lutter contre les formes de discrimination. Le projet « Laissons les femmes réaliser leur plein potentiel » part des discriminations subies par les femmes à cause de leurs menstruations. « Les jeunes Génération ont exposé des photos en grand format sur les défis auxquels sont confrontées les femmes, invitant le spectateur à réfléchir et se questionner sur le regard qu’il pose sur ce phénomène qui touche 300 millions de femmes chaque jour. » En plus de s’adresser à un problème féminin, à travers ce projet, les jeunes revendiquent aussi les valeurs humaines universelles comme la nécessité de lutter contre les discriminations. « En plus de l’exposition, la Génération Cœur et Conscience a réalisé des collages aux mots impactant pour marquer leur engagement dans les quartiers. » Pour poursuivre leur mission, l’association compte présenter le travail réalisé auprès des mineurs incarcérés avec leurs parties prenantes, pour changer davantage de mentalités.

Propos recueillis par  Mpihary Razafindrabezandrina
Site : www.coeuretconscience.org
Photos : Cœur & Conscience / David Hubert Rakotomalala

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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