Ny Aro Andriamiarosoa : « Les jeunes peuvent faire bouger les politiques sur le climat »
8 septembre 2022 // Nature // 7326 vues // Nc : 152

À cause de son insularité, Madagascar est particulièrement vulnérable face au changement climatique. Comme l’explique la présidente de CliMates Madagascar, il devient urgent d’associer les jeunes aux grandes prises de décision si l’on veut faire avancer les politiques publiques.

Pourquoi cette vulnérabilité face au changement climatique ?
À elle seule, l’île concentre 5 % de la biodiversité mondiale. Nous possédons également plus de 10 millions d’hectares de terres arables, soit 14 % du territoire national. Et nous faisons pourtant partie des pays les plus pauvres du monde, et même le troisième pays le plus exposé aux effets du changement climatique alors que nous ne sommes même pas émetteurs de CO2 ! Nous sommes en détresse et malgré nos efforts et nos engagements, la situation est en train de se détériorer à vitesse grand V. Influencer les politiques publiques et inciter les décideurs à faire montre de volonté politique sont les seuls moyens de sortir de cette situation. Conscientiser le gouvernement et la population par des actions climatiques, en partenariat avec les différentes associations de l’île, est un autre moyen de renverser la donne et atténuer les émissions de carbone.

CliMates peut se prévaloir de sa dimension internationale…
CliMates est né en France en 2011 et est actuellement présent dans plus de 30 pays, dont le Népal, le Mali, la Chine et donc Madagascar. C’est un laboratoire d'idées et d'actions internationales réunissant des volontaires, principalement des étudiants et des jeunes professionnels, autour des enjeux climatiques. L’objectif de notre ONG (organisation non gouvernementale) est de relever le défi du changement climatique en travaillant sur trois pôles : sensibilisation, plaidoyer et recherche. On se rend compte que les jeunes sont de plus en plus actifs et conscientisés et qu’il faut leur laisser plus de place au niveau des prises de décision. C’est notre pari sur l’avenir.

« Nous sommes le troisième pays le plus exposé au changement climatique »

Pourquoi, vous-même, avez-vous choisi cette forme de militantisme ?
En tant qu’agronome spécialisée en sciences animales et dans l’halieutique, le climat a toujours fait partie de me préoccupations. Au fil des années, je me suis rendue compte que l’écosystème était en train de se dégrader et que je ne pouvais plus exercer mes activités comme avant, à savoir l’agriculture et l’élevage, en raison des aléas climatiques. Intégrer une association me paraissait un choix logique pour interagir avec des activistes et des professionnels afin de trouver des solutions viables et durables pour Madagascar. C’est lors d’un COP in MyCity, initié par CliMates à Ankatso, en 2014, que j’ai compris que je voulais faire partie de cette association. L’objectif était de rassembler 10 000 jeunes dans 100 villes dans le monde pour promouvoir des solutions concrètes et localement adaptées contre le changement climatique.

Votre mode d’action ?
Nos actions tournent autour du negociation tracking qui consiste à suivre les négociations en cours dans le cadre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et y associer les jeunes avec une délégation de CliMates à la COP (la Conférence des parties, la réunion annuelle des États signataires ) et aux intersessions. Ou encore animer les COP in MyCity qui jouent un rôle d’information important dans les pays en développement comme Madagascar. Nous croyons au pouvoir du plaidoyer et de la sensibilisation pour faire avancer les politiques publiques.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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