Morts dans l’œuf: les rois qui ne furent jamais
13 août 2024 // Media & Add-0n // 8765 vues // Nc : 175

Les promesses non-tenues, voilà une plaie qui gangrène toute relation. Et dans notre longue histoire d’amour avec les éditeurs de jeu vidéo, plus d’une fois ils nous ont promis la lune, sans mettre atteindre la colline. Certaines expériences sont plus douloureuses que d’autres. Alors on va se rappeler ensemble de ces fois où les décisionnaires nous ont fait mal, en annulant des projets qui auraient pu exaucer les rêves des fans. On va faire revivre de mauvais souvenirs à certains, ne nous en voulez pas.

SILENT HILLS
Annoncé en 2014, durant l’âge d’or de la série The Walking Dead, avec Norman Reedus dans les traits du favori des fans Darryl, le grand retour de cette saga culte de l’horreur vidéoludique ne pouvait pas avoir un meilleur timing. En plus de surfer sur la popularité d’un acteur en vogue (et qu’on ne voyait pas dans un autre genre, avouons-le), l’annonce de Silent Hills tombait à un moment où les autres licences horrifiques telles que Resident Evil étaient en perte de vitesse.

Il y avait clairement une place à prendre au grand conseil. Cerise sur le gâteau, la légende du cinéma Guillermo del Toro était sur le projet, porté par le mythique créateur Hideo Kojima, et dirigé par Konami. Mais la mayonnaise finit par retomber lorsque la catastrophe est annoncée. Suite à un litige, Hideo Kojima quitte Konami, enterrant ce qui aurait pu être le revival du genre de l’horreur dans les jeux vidéo. Depuis, rumeurs et bruits de couloir se font nombreux. On ne se consolera qu’avec le remake du second opus de Silent Hill sorti en 2001, qui devrait arriver cette année dans nos chaumières.

AGENT
On ne présente plus GTA, l’immense monstre du jeu vidéo ayant donné son nom à un genre, le GTA-like. Rockstar, son papa, nous a pondu bon nombre de succès, dont L.A. Noire et bien sûr Red Dead Redemption. Ce ne sont pas les excellents jeux qui manquent à leur catalogue. Le studio américain nous a fait voyager à travers plusieurs époques, de la conquête de l’ouest aux années 90, en passant par le règne de la pègre d’après-guerre.

Avec autant de variété, la communauté ne pouvait qu’espérer encore plus de nouveautés de la part des créateurs habitués à repousser les limites de l’immersion. Et l’innovation allait venir de la Guerre froide avec Agent, puisque c’est le contexte qui avait été choisi pour cette nouvelle expérience. Et quelle expérience elle aurait dû être ! Des propos de Rockstar, Agent était amené à définir un nouveau standard pour l’industrie vidéoludique. Une bien grande promesse. Mais les multiples reports ont eu raison du projet, et Agent ne verra jamais le jour. Son équipe de développement s’est peu à peu retrouvée diluée, pour être réassignée sur un certain GTA V.

STAR WARS 1313
A mesure que le temps passe et les projets Star Wars s’enchaînent, l’annulation de celui-ci devient de plus en plus amer. Les chasseurs de prime de l’univers créé par Georges Lucas ont toujours été très appréciés de la communauté. A la moralité douteuse, dans une galaxie dirigée par des forces très “toi méchant, moi gentil”, ce sont des personnages marginaux qui ne s’occupent que peu des problèmes politiques,

et offrent leurs services au plus offrant, mais rarement par conviction. Au début des années 2010, la franchise était encore relativement indépendante, et le chasseur de prime le plus populaire de l’univers était alors Boba Fett. Imaginez alors l’engouement des fans lorsque Lucasfilm Games annonce la sortie d’un jeu où on pourra l’incarner, dans le secteur 1313, bas-fonds de la planète que l’on connaît surtout pour les hautes sphères du pouvoir et le luxe qu’il apporte. Mais la même année, Disney rachète Lucasfilm, et enterre bons nombres de projets, dont 1313. Nous devrions tout de même avoir droit à Star Wars Outlaws pour la fin août 2024, mais Mickey ne nous rendra jamais les 10 ans de vide.

Eymeric Radilofe

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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