Làlana : Histoire de rues
13 novembre 2024 // Media & Add-0n // 7254 vues // Nc : 178

Très chers lecteurs, l’équipe du no comment® magazine vous écrit depuis la rue Kaleba Razafimino, où l’on fait la rencontre de Bax Ranoarivony. Son émission, diffusée tous les samedis soir sur la chaîne Viva, est quelque peu hors du commun. « Làlana » est une invitation à découvrir la culture, le nom et l’histoire de nos rues. Avec son équipe et son micro, le présentateur traverse toute la ville, depuis 2017, à la découverte de ces places par lesquelles l’on passe bien souvent sans vraiment connaître sa valeur.

Pourquoi parler de rues ?
Personnellement, je dirais que la rue fait partie de ma culture. En 2017, quand nous proposions des rubriques pour la matinale de la chaîne, nous sommes partis de l’idée que chaque suggestion corresponde à la personnalité de l’animateur, et de faire quelque chose que chacun maitrise et aime, pour en faire une émission. L’objectif de « Làlana » - à part ce côté street culture – est de ramener une pratique qui a disparu chez nous : dans les pays étrangers, il n’est pas difficile de se situer en utilisant le nom des rues, et ici, cette connaissance faisait partie des prérequis pour devenir chauffeur de taxi dans les années 1980. L’idée est de ramener cela, tout en rappelant aux gens que la rue par laquelle ils passent tous les jours porte aussi son nom et son histoire. Il est vrai que l’Histoire est une matière imposée à l’école et que c’est bon à savoir, mais on se demande souvent pourquoi nous connaissons les patriotes étrangers et pas les nôtres. Il y a cet aspect culturel et historique dans Làlana.

En 2020, après une courte pause et un changement dans la matinale, je l’ai repris, en tant qu’émission, avec la même musique de début, créée en 2008. Joindre l’utile à l’agréable, c’est comme cela que je décrirais l’émission : il apprend, pour que les spectateurs ressortent avec une connaissance en plus, à travers une façon de narrer qui n’est pas toujours la même.

Comment abordez-vous une émission ?
Le premier critère pour le choix des rues à présenter est la connaissance de son nom et de son histoire. Parfois, il faut plus de recherches dans les livres et sur internet, et parfois, nous demandons aux personnes âgées qui résident sur les lieux. Et bien sûr, nous comparons les informations avec plusieurs sources. Il y a certaines rues qui ont une histoire, mais elle est introuvable au moment où nous faisons l’émission. Elle réapparaît quelques mois plus tard, peut-être parce que la famille du porteur de nom, après avoir vu l’émission, a décidé de venir vers nous. Il y a les rencontres avec la famille et les recherches, puis avec l’équipe, nous essayons de résumer tout cela en une émission. Il arrive que nous n’ayons pas beaucoup d’informations, et parfois, trop, mais pas de photos. C’est à moi de les résumer en quelques pages. L’émission, à la différence de 2017, comporte aujourd’hui des rubriques et des titres. J’ai essayé de garder le concept de plateau en extérieur pour rechercher l’originalité, pour que le plateau change à chaque émission, et pour que le public puisse voir directement.

Des rues qui vous ont marqué ?
La première rue que nous avons présentée, en 2017, a été la rue Andrianary Ratianarivo, sur la montée d’Ampasamadinika. En y allant, nous nous sommes dits que nous pourrions faire une interview et demander aux personnes sur place s’ils connaissaient la personne qui porte le nom, et ce n’est pas grave si la réponse est la bonne ou pas : maintenant, c’est un peu comme un plan de situation pour ouvrir l’émission. Il y a certaines rues que nous avons reprises, mais je dirais que nous avons déjà fait plus d’une cinquantaine. L’année dernière, les responsables de la Direction des Arts, Culture et Vie Communautaire de la Commune Urbaine d’Antananarivo sont venus vers nous, et c’est ce qui a abouti à une collaboration : ils nous conseillent sur les rues à présenter, tout en nous fournissons des informations. Des difficultés, il y en a, mais il n’y a pas de temps pour s’ennuyer. Il y a des rues qui sont assez courtes, comme la rue Rainilaiarivony, d’Ambohitsirohitra au jardin d’Antaninarenina ; et il y en a d’autres qui sont assez longues, et qu’il nous faudrait aller en voiture, comme la rue Gilles Andriamahazo, entre Ampasika et Ambohibao.

Les rues de Tana et au-delà…
Sur la route, nous faisons souvent face à des situations drôles, mais nous faisons également la rencontre de personnalités importantes. Comme c’est de la street culture, j’essaye de donner un ton cool à l’émission, tout en modérant cela : aujourd’hui, je peux tourner, habillé en accord à ce côté street, et demain, je mettrais peut-être un costard, parce que c’est ce qu’on voit aussi dans la rue. Mais moi, je porte le même message que la Commune : si vous êtes une famille, ou que vous connaissez une famille de la personne qui porte le nom, faites-le savoir, ramenez l’Histoire auprès des responsables de la ville. L’émission « Làlana » elle, me suivra toujours, et d’ailleurs, je ne pense pas me limiter à Antananarivo. Je pourrais me retrouver en province, ou même au Brésil, je serai là pour raconter l’Histoire des rues du monde.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Numéro : 034 38 945 90

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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