MIKEA, Les derniers chasseurs-cueilleurs de Madagascar
1 juillet 2024 // Photographie // 6579 vues // Nc : 174

Dans le sud-ouest de Madagascar subsiste l’ultime communauté de chasseurs-cueilleurs de la Grande Île, l’une des dernières au monde : les Mikea.

Les hommes du village
Les femmes du village

Ils habitent une forêt sèche du Sud-Ouest de Madagascar : la Forêt des Mikea. Ce peuple, dont les origines ethniques font l’objet de nombreuses hypothèses parfois divergentes, vit en osmose avec la nature. Ils tirent l’ensemble de leurs moyens de subsistance de cette forêt, se nourrissent de tubercules, récoltent du miel et chassent de petits animaux. Gardiens du passé, ils sont les héritiers d’une culture et d’un mode de vie séculaire. Isolés et en marge de la société malgache, ce peuple a longtemps réussi à vivre caché, en symbiose avec la nature.

Les talismans aident à communiquer avec les esprits
Les trois frères : Kipoa – Karoto – Tsivahora, le porte-parole des Mikea

Mais aujourd’hui, la déforestation sauvage et l'exploitation illégale qui en découle menacent cet équilibre écologique et culturel. Les conséquences de ces pratiques sont désastreuses et impactent directement leur mode de vie ancestral. Perdant leurs moyens de subsistance traditionnels, les Mikea sont confrontés à de réelles menaces et font face à des défis environnementaux et sociaux sans précédent. Ils sont désormais contraints de s'adapter à de nouvelles réalités précaires. Ne bénéficiant d'aucune reconnaissance en tant que peuple autochtone et, par conséquent, d'aucune protection particulière, il en va de la disparition de cet exceptionnel héritage culturel, mais aussi de leur survie.

Karoto
​Le chef du village
Pelane
​La femme de Karoto
Karoto utilise l’Antso
​pour démarrer le feu

Peu d’études scientifiques et rares sont les reportages réalisés sur les Mikea. Aucun travail photographique ambitieux n'avait encore été entrepris sur ce peuple jusqu'à ce que Thierry Cron s'y attelle. Premier photographe à mener un tel projet, son travail revêt à la fois une dimension documentaire inédite et artistique. Après plusieurs séjours immersifs de plusieurs semaines sur place et deux ans de travail, un livre sur les Mikea et leur culture a vu le jour en mai 2024. Les photographies présentées dans ce magazine sont extraites du livre.

Tsivahora dort à proximité du feu
Kapeso dort paisiblement
Les femmes rapportent du bois au village

L’objectif principal de ce travail est de faire découvrir ce peuple au plus grand nombre, de sensibiliser le public à la précarité de leur situation, de susciter une prise de conscience collective et d’encourager des actions concrètes en faveur de la préservation de leur environnement et de leur mode de vie. La première étape fut une présentation du livre à la Fondation H, puis une exposition à l’IFM d’Antananarivo.

Rebala
Fanisoa
Foneke

Tous les bénéfices générés par les ventes de livres sont intégralement reversés au profit des Mikea et seront directement alloués au programme de développement de la communauté. Conçu par les membres de la communauté Mikea eux-mêmes, ce programme vise à les aider à s’adapter aux évolutions sociales tout en préservant leur culture et leurs traditions.

Texte et photos Thierry Cron

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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