La région d'Atsimo-Andrefana, d'Androy, et une part d'Anosy a pris un gros coup avec cette sécheresse qui traîne depuis trois ans, depuis 2019. Avec le climat qui se déchaîne et el niño qui fout son bordel. Ils classent même ça comme la pire sécheresse que le Sud de Madagascar s'est tapé depuis un bon moment.
Dans ces régions, même l’eau souterraine, elle est salée à cause de l'océan indien qui est juste à côté. Mais attends, Ce n’est pas tout, la composition du sol lui-même fait que l'eau qui s'infiltre devient salée, genre saumâtre.
Mais bon, en avril 2023, un projet de pipeline de 97 bornes depuis la Rivière d'Efaho jusqu'à Ambovombe est annoncé. Ça va filer de l'eau potable à 500 000 ndaty. En prime, il y aura de quoi arroser 80 000 hectares de terres agricoles et 120 points d'eau pour les bêtes. C'est ce qu'ils balancent dans un communiqué de presse de la Présidence de la République de Madagascar.
Efaho Rivière Efaho dans la région d’Anosy, janvier 2021.
Remontons le temps, deux piges en arrière. Octobre 2021, la Mandrare à Amboasary-Sud, dans le coin isolé d'Anosy, s'est tarie, lançant la saison maigre jusqu'en avril. Les boulots deviennent rares, l'agriculture part en vrille, l’argent se barre, et la ville trinque avec une soif de ouf. Comme beaucoup ici, c'est la misère pour trouver de l'eau dans ce coin aride du sud de Madagascar, où même les gouttes deviennent des pépites.
Vers l’hôpital Octobre 2021, Ifotaka, bled paumé dans l'Anosy, à 50 bornes d'Amboasary-Sud. Début de la galère du kere, palu en plein chaos. Ratefara, 74 ans, et sa femme se tapent la route de l'hôpital avec leur p'tite-fille en mode palu. Ils se rafraîchissent le visage avec l'eau d'un trou creusé dans le lit sec du Mandrare.
L'eau sale a un prix Octobre 2021, on trace la route, direction Ambondro, 70 bornes plus au Sud, sur la RN10, dans le coin d'Androy. Là-bas, les villageois se tuent à creuser des trous énormes pour trouver de l'eau, souvent crade et salée. Le puit, il ressemble à un aquarium en pleine crise, rempli d'algues vert fluo. Et pendant la saison maigre, 20 litres de cette eau pas « clean » se vendent à 3000 Ariary, et si tu veux la livraison en charrette, ça te coûte 5000 Ariary. C'est le marché de la soif, là où même l'eau sale a un prix.
L'eau sale a un prix Octobre 2021, Ambondro, ce coin oublié du district d'Ambovombe. Les deux gars, après avoir poussé les algues sur le côté, s'engouffrent dans ce trou. Ils bossent, remplissent les bidons jaunes des charrettes garées à côté. C'est le théâtre d'un quotidien où les puits deviennent des abysses, et chaque bidon remonté est un trait de lumière dans l'obscurité de la soif.
Carrière d'eau Octobre 2021, Ambondro, dans le bled paumé du district Ambovombe. Les ndaty, en mode gros travaux pour choper de l'eau, ça me rappelle les carrières de saphir à Ilakaka, où les ouvriers s'organisent en chaîne humaine, remontent la terre du trou. C'est comme une danse entre la soif et la survie, là où on creuse, on sue, et on danse avec la misère. Chaque pelle de terre soulevée semble jouer un accord mineur dans une symphonie déchirante.
Carrière d'eau Octobre 2021, Ambondro, dans le bled paumé du district Ambovombe. Les gars, en mode gros travaux pour choper de l'eau, ça me rappelle les carrières de saphir à Ilakaka, où les ouvriers s'organisent en chaîne humaine, remontent la terre du trou. C'est comme une danse entre la soif et la survie, là où on creuse, on sue, et on danse avec la misère. Chaque pelle de terre soulevée semble jouer un accord mineur dans une symphonie déchirante.
Une eau trouble Octobre 2021, Ambondro. Le gars, il essaye de me vendre que l'eau boueuse dans son puit, c'est safe. Il me lâche : "On s'y est habitué" et hop cul sec devant mon appareil photo. 20 litres de cette flotte trouble, pendant la saison maigre, ça part pour 3000 Ariary.
Rivière Manambovo Octobre 2021, on trace la route, direction Tsihombe, 30 bornes encore plus au Sud. Là-bas, sur le lit sec de la rivière Manambovo, c'est l'effervescence. Les locaux se pointent pour choper ce qui reste d'eau, se doucher, laver le linge et désaltérer leurs bêtes. Cette sécheresse, elle prend une sacrée claque avec le changement climatique. C'est la galère là où même les gouttes devraient être gratuites.
Rivière Manambovo Juillet 2021, Sur le lit de la rivière Manambovo.
Raketamena Octobre 2021, mon délire pour photographier l'eau, ça continue, 60 bornes de plus, à la frontière de l’Androy et de l’Atsimo-Andrefana. J’ai trouvé, des Opuntias, ou raketamena, les ndaty du coin, ils les appellent comme ça. Utilisés comme une barrière vivante autour des villages et des champs agricoles. Les cactus sont devenus une source de nourritures pour les humains et leurs bestioles, mais même cette plante résistante ne peut plus supporter l'environnement impitoyable.
Tiomena Retour à Ambovombe, 120 bornes en arrière, on débarque en Janvier 2021. Les ndaty d'Ambovombe, ils galèrent sévère pour se dégoter leur flotte, genre direction Amboasary-Sud vers la rivière Mandrare presque sec, un road trip de 35 bornes en charrette. Sur la RN13, le sable se barre avec le vent du sud, foutant une tempête de sable bien lourde. 9 mois plus tôt, même bordel, mais le sable, lui, il s'en fout du temps qui défile.
Sampona Juillet 2021, Sampona, dans le district d'Amboasary-Sud, t'as cette ville en bord de mer. Les gars du coin, ils dépendent de ce puit pour s'hydrater. J'ai marché de Sampona à la plage où se trouve ce puit, ça m'a pris environ 2 heures pour l'aller, et un peu plus au retour, vu que c'était en montée. L'eau là-bas, elle a un goût salé, et 20 litres partent contre 3000 Ariary. Pas du grand cru, tu vois.
Le Mandrare Août 2021, la Mandrare, elle sort de l'ombre avec un peu plus de flotte, et les ndaty, ils se ruent pour laver leurs sapes. Comme d'habitude.
Ce samedi 10 octobre, le Golf du Rova à Andakana accueillait l’étape malgache de la Turkish Airlines World Golf Cup 2026. Ambiance concentrée, organis...
Edito
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Naturellement intelligents
Ce mois d'octobre, pendant que certains débattent encore de savoir si l'IA va « prendre leur travail », des lycéens malgaches de 13 à 17 ans sont à Séoul pour le First Global Challenge, prêts à en découdre avec les meilleurs cerveaux robotiques de 190 pays. En novembre, la Team CERISE de l'Ecole Nationale Informatique de Fianarantsoa reprend l'avion pour le Robotex International, catégorie Lego Sumo 3kg open — des sumos en lego, précision utile, même si le principe reste le même que l'original japonais. Et pendant ce temps, nos geeks locaux s'attaquent à des IA from scratch, c'est-à-dire construites de zéro, sans filet, sans modèle préfabriqué. Même les mpanandro — nos astrologues traditionnels gardiens du Fanandroana depuis des siècles — ont désormais un interlocuteur numérique avec OANA, une application qui veut rendre l'astrologie malgache accessible à tous sans déposséder les maîtres du calendrier. On appellera ça la modernité avec respect des anciens. Ou de l'audace bien élevée.Mais voilà — et c'est là que le professeur en nous reprend la parole — une machine qui pense vite ne pense pas forcément juste. L'IA est un marteau formidable, à condition de ne pas s'en servir pour planter des vis. Elle assiste, amplifie, accélère — elle ne remplace pas le jugement, la nuance, ni cette petite chose qu'on appelle l'expérience. Confier son devoir, son diagnostic ou sa stratégie d'entreprise à un algorithme sans en vérifier la cohérence, c'est un peu comme demander à un GPS de choisir votre métier. Nos jeunes qui construisent leurs robots et leurs IA de zéro l'ont compris avant beaucoup d'adultes — la vraie intelligence artificielle commence par une vraie intelligence naturelle.
Interview - Ravo Raboanarison - Août 2026 - NC 199
Découvrez Ravo Raboanarison, violoniste, dans le no comment® NC 200 – septembre 2026 La scène du classique et du jazz connaît Ravo Raboanarison — notamment pour avoir tenu le premier violon au sein du Quatuor & Squad. Mais depuis quelques temps, cet archet-là ne se laisse plus enfermer dans un seul registre. Vingt-trois ans de pratique, et une conviction qui s'est imposée progressivement : le violon peut aller bien au-delà du classique.